10,5 milliards FCFA de l’ONU au Gabon en 2025 : les dessous d’un engagement à double tranchant

10,5 milliards FCFA de l’ONU au Gabon en 2025 : les dessous d’un engagement à double tranchant

Derrière le chiffre de 10,5 milliards de FCFA (18,5 millions de dollars) annoncé par le Système des Nations unies (SNU) au Gabon pour 2025 se cache une mécanique complexe, faite d’ambitions affichées et de questions en suspens. La rencontre entre la coordonnatrice résidente, Fatou Aminata Lo, et les journalistes, hier à la maison commune des Nations unies à Libreville, a justement permis de lever le voile sur les coulisses de cet engagement. Pour la première fois depuis sa prise de fonction en janvier, la responsable onusienne a accepté de se prêter à l’exercice, non sans esquiver les zones d’ombre.

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Un partenariat stratégique aux allures de défi

L’objectif affiché de cette prise de contact avec la presse dépassait la simple restitution du rapport d’activités 2025. Il s’agissait de renforcer un partenariat stratégique et d’embarquer les médias dans la trajectoire vers les Objectifs de développement durable (ODD) et le futur cadre 2028-2032. Un exercice délicat, tant la relation entre l’ONU et les journalistes gabonais reste marquée par une certaine méfiance. Fatou Aminata Lo, entourée des chefs d’agences, a tenté de poser le cadre : « Notre contribution ne se mesure pas seulement au nombre de projets réalisés, elle se mesure aussi à notre capacité à rassembler les acteurs et à accompagner la transformation des politiques publiques en résultats concrets pour les populations. » Une déclaration qui sonne comme un avertissement : l’efficacité de l’aide onusienne dépendrait autant de la coopération locale que des financements.

Les véritables ressorts d’une enveloppe de 10,5 milliards

Le montant de 10,5 milliards de FCFA mobilisé en 2025 n’est pas tombé du ciel. Il résulte d’une architecture complexe : 21 entités onusiennes, près de 300 collaborateurs — dont 70 % de nationaux — et trois priorités soigneusement choisies : la promotion de la bonne gouvernance et des droits humains, la transition vers une économie verte et bleue, ainsi que l’égalité des chances et l’inclusion sociale. Derrière ces intitulés, des choix stratégiques qui traduisent une volonté de repositionnement de l’ONU au Gabon, dans un contexte où les urgences socio-économiques se font de plus en plus pressantes.

Ce que les journalistes ont réellement soulevé

Lors de la phase d’échanges, les représentants des médias n’ont pas mâché leurs mots. Ils ont exprimé des inquiétudes concrètes, notamment sur le rôle véritable du SNU et sur la clarification de l’impact direct de ces programmes face aux attentes des populations. Des interrogations qui révèlent un malaise plus profond : celui d’une aide internationale parfois perçue comme déconnectée des réalités quotidiennes. La coordinatrice résidente a dû reconnaître que la transparence et la collaboration restaient des chantiers à consolider.

Vers une collaboration plus transparente ?

Cet échange sans langue de bois a posé les bases d’une collaboration plus étroite et transparente. Mais les dessous de cet engagement révèlent une équation à plusieurs inconnues : comment transformer 10,5 milliards de FCFA en résultats tangibles pour les Gabonais, alors que les besoins en matière d’éducation, de santé ou d’emploi restent immenses ? La réponse dépendra de la capacité du SNU à tenir ses promesses et à impliquer davantage les acteurs locaux, y compris les médias, dans le suivi des projets.

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