L’harmonisation des discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) suscite des interrogations au sein de l’échiquier politique. Thierno Bocoum, figure du mouvement Agir-Les Leaders, interpelle les autorités sur la gestion de la dette publique et les clauses imposées dans le cadre du nouvel arrangement financier.

L’ancien parlementaire insiste sur l’urgence de rendre public le mémorandum d’entente économique et financière. À défaut, il exige que ce document soit soumis à l’Assemblée nationale pour un examen approfondi des engagements contractés au nom de la population sénégalaise.

Un ancien premier ministre sous le feu des critiques

Thierno Bocoum étend ses reproches au-delà du gouvernement en place. Il cible Ousmane Sonko, qu’il accuse d’avoir joué un rôle central dans la dégradation de la relation avec le FMI. Selon lui, la période durant laquelle ce dernier a dirigé le gouvernement, d’avril 2024 à mai 2026, a été marquée par des décisions ayant fragilisé la stabilité financière du pays.

L’homme politique reproche notamment à Ousmane Sonko d’avoir participé aux négociations ayant conduit à la suspension du précédent programme d’aide du FMI. Il évoque également l’impact négatif des révélations, en septembre 2024, sur d’éventuelles irrégularités dans les chiffres de la dette, qu’il considère comme un facteur aggravant pour les relations avec l’institution internationale.

Thierno Bocoum souligne aussi les coûts élevés des emprunts contractés sur le marché régional, jugés bien supérieurs aux taux des financements avantageux proposés par le FMI.

L’ancien ministre de l’Économie dans le collimateur

Abdourahmane Sarr, ancien titulaire du portefeuille de l’Économie, du Plan et de la Coopération, est également pointé du doigt. Thierno Bocoum note une contradiction dans ses prises de position : après avoir défendu la solidité de la dette sénégalaise, il a récemment reconnu la nécessité d’un réajustement pour en assurer la pérennité.

Ce revirement, selon Thierno Bocoum, illustre les erreurs commises dans la gestion de ce dossier et appelle à une responsabilité collective des dirigeants ayant contribué à la situation actuelle.

Cette prise de parole survient alors que le Sénégal vient de finaliser un accord technique avec le FMI, marquant une avancée significative dans la négociation d’un nouveau programme économique et financier.