PREMIÈRE PIERRE

Algérie et Tchad : un projet électrique de 40 MW pour booster l’énergie sahélienne

Les autorités tchadiennes et algériennes ont officiellement lancé, à N’Djamena, les travaux d’une centrale électrique d’une puissance de 40 mégawatts, entièrement financée par l’Algérie. Cette infrastructure, supervisée par Sonelgaz International, vise à élargir l’accès à l’énergie au Tchad, tout en renforçant les liens économiques et techniques entre les deux nations. Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une initiative similaire récemment déployée au Niger.

Centrale électrique en construction au Tchad

Le lancement des travaux de la nouvelle centrale électrique au Tchad a été marqué par une cérémonie officielle à N’Djamena, en présence des Premiers ministres des deux pays. Allah-Maye Halina, Premier ministre tchadien, et Sifi Ghrieb, son homologue algérien, ont posé la première pierre de cette infrastructure baptisée « centrale de solidarité algéro-tchadienne ». Réalisée par Sonelgaz International, filiale du géant public algérien spécialisée dans l’énergie, cette centrale de 40 MW a pour objectif de combler le déficit énergétique tchadien, où la demande dépasse largement les capacités actuelles.

La délégation algérienne, conduite par Sifi Ghrieb, était composée de ministres clés tels que Mohamed Arkab (Hydrocarbures) et Mourad Adjal (Énergie et Énergies renouvelables), ainsi que de cadres d’entreprises publiques actives dans les secteurs énergétique et des infrastructures. Ce déplacement symbolise l’engagement d’Alger à soutenir le développement des pays africains par des projets concrets et durables.

Lors de son intervention, Sifi Ghrieb a souligné l’importance de cette coopération : « Cette centrale incarne la volonté de l’Algérie de promouvoir une collaboration africaine efficace, fondée sur des réalisations tangibles qui améliorent concrètement le quotidien des populations. » Il a également évoqué « une solidarité active, des investissements productifs et des partenariats gagnant-gagnant au service des peuples ». L’énergie s’impose ainsi comme un pilier de la stratégie algérienne d’influence économique en Afrique subsaharienne. À peine une semaine plus tôt, une centrale similaire de 40 MW avait été inaugurée au Niger, également construite par Sonelgaz International.

Les échanges entre les deux délégations ont également porté sur des projets structurants pour le continent, comme la route transsaharienne, les infrastructures numériques (fibre optique) et les corridors logistiques. Sur le plan sécuritaire, les discussions ont mis en avant une coordination renforcée entre Alger et N’Djamena pour aborder les enjeux sahéliens, avec une approche privilégiant les solutions africaines et le respect des souverainetés nationales.

Depuis 2020, l’Algérie a lancé son Agence de coopération internationale pour la solidarité et le développement, dotée d’un budget de près d’un milliard de dollars. Cette structure a permis de financer de nombreux projets d’infrastructures, d’énergies et d’économie dans plusieurs pays africains, renforçant ainsi la présence et l’influence d’Alger sur le continent.