L’ambassadeur de France en RDC réitère son soutien aux efforts de paix lors de la célébration du 14 juillet
Kinshasa, 15 juillet 2026 – À l’occasion de la fête nationale française, l’ambassadeur Rémi Maréchaux a marqué l’événement par un discours sans équivoque : la France maintient sa position ferme en faveur d’une résolution durable du conflit à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’une réception organisée à sa résidence, le diplomate a rappelé les valeurs fondamentales de la France tout en soulignant l’engagement actif de Paris au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour soutenir les initiatives de paix.
Le 14 juillet : une célébration des valeurs et de l’engagement multilatéral
Le diplomate a précisé que la célébration du 14 juillet ne commémore ni l’indépendance française ni un dirigeant en particulier, mais bien la Révolution de 1789 et ses principes intemporels : liberté, égalité, fraternité. Une occasion pour lui de réaffirmer l’attachement de la France à ces valeurs dans un contexte international marqué par des tensions croissantes.
Une position claire face à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC
Rémi Maréchaux a abordé sans détour la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les combats persistent malgré les initiatives diplomatiques. Le diplomate a rappelé les résolutions adoptées sous l’impulsion de la France au Conseil de sécurité, notamment la résolution 2773, qui exige le retrait des forces du M23, la fin des hostilités et le démantèlement des administrations parallèles illégitimes. Il a également insisté sur la nécessité pour l’armée rwandaise de cesser tout soutien à ce groupe armé et de se retirer du territoire congolais.
« La République démocratique du Congo traverse une période critique. La guerre dans l’Est du pays doit trouver une issue. La France, en collaboration avec ses partenaires, a œuvré à l’adoption de résolutions clés au Conseil de sécurité. Ces textes posent un cadre clair : cessation immédiate des hostilités, retrait des troupes du M23, et fin du soutien étranger à ces groupes. Sans cela, aucune stabilité durable ne pourra s’installer. »
Le diplomate a également évoqué les résolutions 2808 et 2825 (2026), qui prolongent respectivement le mandat de la MONUSCO et le régime de sanctions contre la RDC jusqu’au 1er juillet 2027. Ces mesures visent à renforcer la pression sur les groupes armés tout en documentant leurs activités grâce au Groupe d’experts de l’ONU.
Coopération bilatérale et renforcement des capacités de l’État congolais
Au-delà des engagements multilatéraux, Rémi Maréchaux a mis en avant les actions concrètes menées dans le cadre de la coopération franco-congolaise. Il a cité notamment la régénération de bataillons de la Brigade Jungle par des instructeurs français, avec un premier bataillon déjà opérationnel à Kisangani depuis mars 2026. Un deuxième bataillon devrait être formé d’ici octobre de cette année. Ces initiatives visent à renforcer les capacités de l’État congolais dans les domaines policier et militaire, un pilier essentiel pour rétablir la sécurité et l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
« Notre engagement ne se limite pas aux déclarations. Nous agissons concrètement sur le terrain. La formation de ces bataillons est un exemple tangible de notre volonté d’accompagner la RDC dans sa quête de stabilité. »
La RDC sur la scène internationale : un retour stratégique
L’ambassadeur a salué le retour de la RDC sur la scène internationale, illustré par sa présidence du Conseil de sécurité de l’ONU ce mois-ci, sa participation active au Conseil des droits de l’homme, et son rôle au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Ce regain d’influence est perçu comme une opportunité pour le pays de jouer un rôle clé dans la transition énergétique mondiale et la lutte contre le changement climatique, tout en défendant sa souveraineté face à des rapports de force déséquilibrés.
Un contexte diplomatique complexe
Cette prise de position intervient alors que la RDC et le Rwanda ont signé, sous médiation américaine, l’accord de paix de Washington. Cet accord prévoit une désescalade progressive, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des groupes armés actifs dans l’est du pays, dont les FDLR. Malgré ces avancées diplomatiques, la situation sur le terrain reste tendue, avec des combats persistants et des groupes armés comme le M23 qui conservent le contrôle de plusieurs zones stratégiques, notamment Goma et Bukavu.
Le processus de Doha, facilitée par le Qatar et visant à instaurer un dialogue entre Kinshasa et la rébellion du M23, peine à enregistrer des progrès significatifs. Les accusations de soutien rwandais au M23, portées par la RDC, les Nations unies et plusieurs partenaires internationaux, continuent d’alimenter les tensions.
Dans ce contexte, les déclarations de Rémi Maréchaux soulignent l’importance d’une approche multilatérale inclusive, intégrant davantage l’Afrique dans la gouvernance mondiale pour répondre aux défis sécuritaires et politiques actuels.