Des centaines de victimes de Boko Haram enfin libres après des mois de captivité

Femmes et enfants libérés après avoir été enlevés par Boko Haram
Rétablissement des anciens captifs à Pulka, dans la région de Gwoza, après leur libération par les forces nigérianes.

Plus de 400 femmes et enfants, enlevés en début d’année par le groupe jihadiste Boko Haram dans l’État de Borno (nord-est du Nigeria), ont été remis aux autorités locales ce lundi. Cette libération survient après une opération militaire menée ce week-end, permettant de secourir ces victimes des griffes des groupes armés actifs dans la région depuis près de quinze ans.

Anciennes captives de Boko Haram accueillies par les autorités
Accueil des victimes dans le camp de déplacés de Pulka, un soulagement pour les familles.

Une insurrection meurtrière qui plonge le nord-est du Nigeria dans l’effroi

Depuis 2009, l’insurrection menée par Boko Haram, puis par son rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a plongé le nord-est du Nigeria dans une crise humanitaire sans précédent. Les attaques répétées, les enlèvements massifs et les déplacements forcés de population ont fait plus de 30 000 morts et 2 millions de déplacés, selon les estimations locales. Les collines de Gwoza, bastion historique des jihadistes, restent l’un des foyers les plus dangereux de la région.

Les enlèvements de masse, souvent suivis de demandes de rançon, constituent une stratégie récurrente des groupes armés pour financer leurs activités et semer la terreur. Une pratique qui, malgré les démentis officiels, continue de faire l’objet de transactions financières entre familles et ravisseurs.

Un sauvetage salué par les victimes et les autorités

Parmi les libérés, une femme de 43 ans, Hassana Buba, témoigne depuis le camp de Pulka : « Nous remercions Allah pour cette libération. C’est un miracle après tant de souffrance. Nous sommes reconnaissants et célébrons ce jour comme une renaissance. » Son récit reflète l’émotion partagée par l’ensemble des victimes, dont certaines avaient été enlevées dans le village de Ngoshe, situé à moins de dix kilomètres de la frontière camerounaise.

Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, a confirmé le chiffre de 434 anciens captifs secourus, dont 360 libérés ce week-end grâce à une opération militaire basée sur des renseignements précis. 82 autres personnes avaient été libérées quelques semaines plus tôt, portant à près d’un demi-millier le nombre total de victimes sauvées.

Anciennes victimes de Boko Haram accueillies par les autorités
Les familles retrouvent espoir après des mois de séparation forcée.

Rançons et transactions : une pratique controversée

Bien que les autorités nigérianes démentent toute négociation financière avec les groupes armés, les analystes estiment que les rançons jouent un rôle clé dans les libérations. Un rapport récent révèle que 1,66 million de dollars auraient été versés entre juillet 2024 et juin 2025 à divers groupes armés, incluant non seulement Boko Haram, mais aussi des milices et des séparatistes. Une somme colossale qui illustre l’ampleur de cette économie parallèle.

Cette libération massive offre un rare moment d’espoir dans une région marquée par des années de violence. Pour les familles, elle représente une lueur d’espoir après des mois, voire des années, de séparation et de souffrance.