Au Burkina Faso, la dégradation de la situation sécuritaire se poursuit. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche d’Al-Qaïda au Sahel, a revendiqué la capture d’un poste des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) lors d’une attaque perpétrée le 17 juin 2026 dans le secteur de Ouahigouya, chef-lieu de la province du Yatenga, dans le nord du pays.

Cette offensive représente un nouveau revers pour la stratégie de reconquête territoriale prônée par les autorités de la transition. Arrivé à la tête du pays en septembre 2022 avec la promesse de rétablir l’intégrité du territoire, le capitaine Ibrahim Traoré fait face à des remises en question croissantes quant à l’efficacité de son approche sécuritaire.

Les VDP, pilier fragilisé de la stratégie sécuritaire

Afin de pallier le manque d’effectifs de l’armée régulière, les autorités ont massivement misé sur les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Cependant, ces unités civiles, fréquemment déployées dans des zones reculées avec des moyens limités, sont devenues des cibles privilégiées pour les groupes armés.

L’attaque de Ouahigouya s’inscrit dans une série de revers enregistrés ces derniers mois. Malgré les opérations militaires menées, plusieurs positions peinent à être sécurisées durablement. De nombreux analystes spécialisés dans la région sahélienne estiment que le JNIM conserve une capacité de nuisance importante et une grande liberté de mouvement dans les régions du Nord et de l’Est.

Des résultats éloignés des promesses initiales

Les autorités de la transition mettent fréquemment en avant les progrès accomplis et l’acquisition de nouveaux équipements, notamment des drones de surveillance et d’attaque. Toutefois, pour une partie de la population, l’insécurité demeure une réalité quotidienne. De nombreuses localités restent enclavées, et certaines zones continuent de subir des restrictions imposées par les groupes armés.

Dans ce contexte, des critiques émergent quant à l’efficacité de la politique sécuritaire actuelle. Le principal argument qui avait justifié le renversement du pouvoir civil en 2022 – l’incapacité à protéger les populations – revient désormais au premier plan des débats publics.

Alors que Ouagadougou réorganise ses partenariats au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) et prévoit d’intensifier ses opérations en 2026, l’attaque du Yatenga rappelle la difficulté de surmonter un conflit asymétrique par une réponse exclusivement militaire.