Cinq localités du centre du Mali ont été la cible d’une offensive coordonnée dans la soirée du 22 mai, causant la mort d’une vingtaine de personnes selon les premiers constats. Les villages de Logo, Soulakanda et Dimbal, situés dans la commune de Dimbal, ainsi que ceux d’Ogossagou et Kouroundé, dans la commune de Bankass, ont été frappés simultanément entre 17h et 18h. Les assaillants, affiliés au Jnim, ont affronté des groupes de chasseurs traditionnels dozos, dont le rôle s’est renforcé face à l’absence persistante des forces armées dans certaines zones.

Paysage rural du centre du Mali

Les témoignages recueillis auprès d’élus locaux, de représentants de la société civile et de responsables dozos confirment un bilan humain lourd. Parmi les victimes figuraient à la fois des chasseurs traditionnels et des civils non armés. Un chef dozo, joint par téléphone, a exprimé son amertume face à l’absence totale de réaction des autorités militaires, aucun communiqué officiel n’ayant été publié concernant ces événements. Malgré nos sollicitations répétées, l’armée n’a pas communiqué de réponse.

Une région sous tension, des déplacés en hausse

Face à la menace immédiate de nouvelles violences, une partie de la population a choisi de quitter ses foyers pour se réfugier dans les agglomérations voisines, notamment à Bankass. Cette localité, déjà saturée par des déplacés internes en provenance d’autres zones frappées par les violences, voit ses ressources humanitaires mises à rude épreuve. Les attaques survenues au début du mois dans cette même région avaient déjà fait plus de cinquante morts, rappelant l’intensité des tensions dans le centre du pays.

Dans leur déclaration postérieure aux faits, un porte-parole du Jnim avait clairement indiqué que ces villages seraient ciblés en représailles à l’absence de soumission aux « accords locaux » imposés par les groupes armés. Ces menaces confirment la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le centre du Mali, où l’autorité de l’État peine à s’imposer.