La deuxième édition du Forum international de la diaspora (FID) s’est ouverte aujourd’hui au Centre international de conférences de Bamako (CICB), marquant le début d’un événement dédié à l’enjeu des investissements productifs issus des communautés maliennes installées à l’étranger. Cette rencontre, qui se poursuit jusqu’au 18 juillet 2026, s’articule autour d’un thème central : «Diaspora malienne et investissements productifs : bâtir un Mali économiquement fort pour un développement durable».
Le Maroc, partenaire de premier plan pour mobiliser les compétences de l’étranger
Cette année, le Maroc occupe la place d’invité d’honneur, soulignant l’importance stratégique accordée à la diaspora dans les projets de développement national des deux pays. L’ouverture officielle des travaux a été présidée par le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, en présence de hautes autorités et de représentants de la société civile.
Le Driss Isbayène, ambassadeur du Maroc au Mali, a rappelé que les deux pays partagent une réalité démographique similaire : six millions de ressortissants marocains vivent hors des frontières nationales, un chiffre comparable à celui de la diaspora malienne. Il a insisté sur la nécessité de transformer cette force en opportunités économiques concrètes : «Nos deux pays font face au même défi : retenir l’attention de leur diaspora tout en l’incitant à investir dans des secteurs générateurs de croissance et de prospérité».
Des témoignages qui confirment l’engagement des Maliens de l’extérieur
Alimatou Diallo, une Sénégalaise vivant au Mali depuis plusieurs années, a partagé son expérience : «Depuis mon arrivée, je bénéficie d’un accueil chaleureux et d’une intégration sans faille. Cette initiative nous donne l’opportunité de progresser ensemble et de promouvoir nos savoir-faire». Son témoignage illustre l’importance de ces plateformes pour renforcer les liens entre les Maliens de l’intérieur et ceux installés à l’étranger.
Les autorités maliennes multiplient les appels à l’investissement
Le Habib Sylla, président du Haut Conseil des Maliens établis à l’extérieur, a évoqué les déclarations fortes du général d’armée Assimi Goïta, chef de l’État de transition, lors de la première édition du FID. Le président a encouragé les membres de la diaspora à investir dans leur pays d’origine : «N’hésitez pas à revenir investir chez nous. Ma porte reste grande ouverte pour vous soutenir en cas de difficulté». Une promesse que Habib Sylla qualifie de «signal le plus encourageant jamais envoyé à la diaspora».
Pour sa part, Mossa Ag Attaher, ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, a souligné le rôle central de la diaspora dans la construction nationale : «Elle ne se limite pas à une périphérie de la nation, elle en est le cœur battant». Il a également présenté le Diaspora Hub comme une infrastructure numérique innovante, conçue pour ancrer durablement les Maliens de l’étranger dans les dynamiques économiques et institutionnelles du pays.
Une vision ambitieuse pour le Mali et l’espace sahélien
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de transformation économique, sociale et institutionnelle. «Nous ambitionnons de construire un Mali souverain, prospère et résilient, en mobilisant toutes les compétences, y compris celles de notre diaspora», a-t-il déclaré. Il a ajouté que cette démarche s’aligne sur les objectifs de l’Alliance des États du Sahel, favorisant une intégration régionale renforcée et des coopérations mutuellement avantageuses.
Selon lui, la diaspora malienne représente un atout majeur grâce à son expertise, ses réseaux et son potentiel d’investissement. Elle constitue un pont essentiel entre le Mali, l’espace confédéral et les marchés internationaux.