Le 2 août 2026, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, René Emmanuel Sadi, a annoncé un retour imminent du président Paul Biya au pays, sans fournir de détails supplémentaires. Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes spéculations et d’interrogations croissantes concernant la situation du chef de l’État.
Face aux vives spéculations, notamment de l’opposition, le ministre a catégoriquement affirmé : « Le président est en vie… Il n’y a aucune vacance du pouvoir ! » Cette prise de parole vise à rassurer la population alors que l’absence prolongée du président Paul Biya, âgé de 93 ans (né le 13 février 1933), suscite une agitation considérable. Son départ du pays, il y a près de deux mois, a alimenté un flot d’interrogations au sein de la nation camerounaise.
L’opposition politique camerounaise, par la voix de plusieurs de ses figures, réclame une transparence accrue concernant l’état de santé du président et l’assurance de la continuité institutionnelle. Dès le 21 juillet 2026, des personnalités comme Jean-Michel Nintcheu et des formations telles que l’Union démocratique du Cameroun (Udc) ont exprimé leurs préoccupations.
Des figures de l’opposition ont instamment appelé le Conseil constitutionnel à se prononcer sur une éventuelle vacance du pouvoir, arguant que la stabilité républicaine ne saurait être fondée sur le silence ou de simples hypothèses. Certains dirigeants évoquent un véritable « vide institutionnel » et critiquent une administration à distance, bien que l’entourage présidentiel maintienne que Paul Biya continue de diriger le pays.
Les dispositions constitutionnelles en cas de vacance
Sur le plan légal, l’article 6, alinéa 4, de la Constitution camerounaise encadre précisément la procédure en cas de vacance du pouvoir. Celle-ci peut survenir suite au décès, à la démission ou à un empêchement définitif du président, dûment constaté par le Conseil constitutionnel. Dans une telle situation, une élection présidentielle doit être organisée dans un délai strict, allant de vingt (20) à cent vingt (120) jours maximum après la déclaration de la vacance.
Durant cette période transitoire, la présidence par intérim est automatiquement dévolue au président du Sénat, fonction actuellement occupée par Aboubakary Abdoulaye, âgé de 64 ans. En cas d’indisponibilité de ce dernier, la responsabilité reviendrait à son suppléant selon l’ordre de préséance, c’est-à-dire la première vice-présidente, Naomie Mikel Bégala épouse Akono, âgée de 63 ans. Il est important de noter que le président par intérim est soumis à des restrictions claires : il ne peut ni réviser la Constitution, ni modifier la composition du Gouvernement, ni initier un référendum, et il lui est interdit de se présenter à l’élection présidentielle organisée pour pourvoir la vacance.