Pourquoi le Sénégal a-t-il été dépossédé de son titre à la CAN 2025 ?
La CAF a invalidé la victoire du Sénégal en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, attribuant le titre au Maroc après un recours. Une décision controversée qui soulève des questions sur les règles régissant les compétitions sportives et les recours juridiques possibles.

Les raisons de la décision controversée de la CAF
La finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc, initialement remportée par les Lions de la Teranga, a été annulée par la CAF. Cette décision fait suite à une série d’incidents majeurs ayant émaillé le match, notamment à la 92ème minute, où un but sénégalais a été refusé pour une prétendue irrégularité. Peu après, un pénalty a été accordé au Maroc à la 98ème minute. Face à ces décisions arbitrales contestées, l’équipe sénégalaise a quitté le terrain en signe de protestation, provoquant une interruption de près de 15 minutes.
Selon les règlements de la CAN, toute équipe quittant prématurément le terrain sans l’accord de l’arbitre est considérée comme perdante par forfait, avec un score de 3-0. La Fédération royale marocaine de football a saisi le jury disciplinaire de la CAF, qui a initialement rejeté la réclamation. Cependant, après un appel, le jury a finalement statué que le Sénégal avait enfreint l’article 82 des règlements, entraînant la perte du match. En réponse, la Fédération sénégalaise a introduit un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Les fondements juridiques du recours devant le TAS
Le recours du Sénégal s’appuie sur les statuts de la CAF et le Code de l’arbitrage sportif, qui stipulent que le TAS doit d’abord appliquer les règles internes de la CAF avant de se référer au droit suisse. Le tribunal dispose des moyens nécessaires pour examiner si la décision du jury disciplinaire est conforme aux textes. Il pourrait également s’appuyer sur les articles 9 et 16 du Code disciplinaire de la FIFA ou sur les Lois du Jeu pour évaluer la légitimité des sanctions imposées.
Une affaire similaire, opposant l’Afrique du Sud à la CAF en 2020, avait abouti à une décision du TAS confirmant l’application stricte des règlements. Dans ce contexte, le Sénégal devra démontrer que l’interprétation de l’article 82 par le jury disciplinaire était excessive, notamment en assimilant une protestation temporaire à un abandon définitif.
Que peut-on espérer du recours sénégalais ?
Le recours introduit par le Sénégal ne suspend pas l’exécution de la décision de la CAF, conformément à l’article 48.7 des statuts. Le TAS devra d’abord examiner la recevabilité de la requête, notamment sur les délais de dépôt du mémoire d’appel. Sur le fond, le Sénégal pourrait contester la qualification des faits et l’articulation entre l’autorité arbitrale et le pouvoir disciplinaire de la CAF.
Deux axes principaux pourraient structurer son argumentaire : d’une part, la remise en cause de l’interprétation des articles 82 et 84, et d’autre part, l’affirmation que la gestion de l’incident relevait de l’arbitre, seul habilité à arrêter définitivement un match. Le TAS pourrait soit annuler la décision de la CAF, soit la confirmer, comme il l’a déjà fait dans des affaires précédentes. La décision finale sera sans appel.