Corridor Cameroun-Nigeria : 741 milliards FCFA de recettes douanières en neuf mois

Corridor Cameroun-Nigeria : 741 milliards FCFA de recettes douanières en neuf mois

Le rétablissement de la sécurité le long de la frontière entre le Nigeria et l’Extrême-Nord camerounais a permis de relancer les échanges commerciaux. Les recettes douanières ont bondi à 741 milliards de francs CFA sur les neuf premiers mois de 2026, contre à peine un milliard en 2023.

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Une reprise des échanges portée par la sécurisation

Les convois de marchandises circulent à nouveau entre le nord du Nigeria et le Cameroun. Sur la piste sableuse qui relie les deux pays, les camions de gros tonnage traversent sans encombre majeure. Aboubacar Mahamed, un conducteur nigérian qui achemine des sacs de mil vers N’Djamena, témoigne : « De Kano à Maiduguri, puis de Maiduguri à Banki pour entrer à Kourgui, nous n’avons rencontré aucun problème. La sécurité est assurée de Kourgui à Amchidé et jusqu’à Yagoua. »

Le chauffeur précise toutefois que certaines précautions restent de mise. « Les soldats camerounais du Bataillon d’intervention rapide font beaucoup d’efforts. Mais en cas de panne entre 18 heures et 19 heures, mieux vaut passer la nuit dans un village ou dans la brousse. On repart le lendemain vers 6 heures. Il est préférable de rouler de 6 heures à 17 heures », explique-t-il.

Limani, un poste douanier stratégique rouvert

Pour rejoindre Kourgui, les transporteurs transitent par Limani, principal bureau des douanes côté camerounais. Fermé en 2014 en raison des exactions de Boko Haram, il a rouvert ses portes il y a sept ans.

Célestin Delanga, spécialiste des questions de sécurité dans le bassin du lac Tchad à l’Institut d’études de sécurité (ISS), analyse les flux : « Le Cameroun exporte des produits vivriers et du bétail vers le Nigeria. Il importe du carburant, du textile, de l’électronique et des pièces détachées. Cela contribue à la sécurité économique. L’amélioration du trafic, avec le renforcement du dispositif sécuritaire le long des axes commerciaux transfrontaliers, redynamise les échanges. »

Un commerce devenu vital face aux chocs climatiques

Les populations longtemps éprouvées par les violences de Boko Haram bénéficient de ce regain d’activité. Pour Célestin Delanga, le commerce transfrontalier joue désormais un rôle de premier plan dans une région confrontée à de nouvelles difficultés climatiques. « Il y a deux ans, des inondations ont détruit les cultures et les moyens de subsistance. Cette année, c’est la sécheresse qui paralyse la saison des pluies. Le commerce transfrontalier est une sorte de bouée de sauvetage », affirme-t-il.

Cette dynamique se traduit dans les chiffres : les recettes douanières atteignent 741 milliards de francs CFA pour les neuf premiers mois de 2026, contre un milliard en 2023.

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