La Côte d’Ivoire s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire économique avec le lancement d’un ambitieux projet ferroviaire : la construction d’un Train à grande vitesse (TGV) reliant la capitale économique Abidjan au Nord du pays. Une initiative majeure qui s’inscrit dans le cadre du Programme national de développement (PND) 2026-2030, visant à propulser le pays parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest.

Le président Alassane Ouattara lors d'une réunion stratégique

Ce TGV, d’une longueur de 640 kilomètres, traversera les villes stratégiques que sont Yamoussoukro, Bouaké et Korhogo avant d’atteindre Ferkessédougou. Un tracé conçu pour désenclaver le Nord tout en renforçant les échanges entre les régions. Selon les projections, le voyage entre Abidjan et Yamoussoukro, actuellement effectué en plusieurs heures, pourrait être réduit à seulement 45 minutes, un gain de temps considérable pour les voyageurs et les acteurs économiques.

Tableau de bord présentant les détails techniques du projet de TGV

Un réseau multimodal pour une économie connectée

Le TGV s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation des infrastructures de transport. Plusieurs projets complémentaires sont en cours ou prévus pour renforcer la mobilité en Côte d’Ivoire :

Illustration du projet de TGV en Côte d'Ivoire
  • Métro d’Abidjan : Un réseau de 37 kilomètres dont la mise en service est attendue pour 2029, pour désengorger la capitale et améliorer les déplacements quotidiens.
  • Aéroports internationaux : Deux nouvelles plateformes sont programmées à San-Pedro (sud-ouest) et Bondoukou (est) pour dynamiser le commerce et le tourisme.
  • Modernisation du réseau routier : Un volet essentiel pour compléter l’offre de transport et faciliter l’accès aux zones rurales.

Le PND 2026-2030, un plan ambitieux pour l’avenir

Ce projet ferroviaire s’inscrit dans une vision plus large portée par le Programme national de développement (PND) 2026-2030. L’objectif ? Transformer la Côte d’Ivoire en un pôle économique majeur en Afrique de l’Ouest grâce à :

  • Le développement de pôles économiques régionaux pour équilibrer la croissance entre le Nord et le Sud.
  • Une industrialisation accélérée pour réduire la dépendance aux importations et créer des emplois locaux.
  • La valorisation de la production locale afin de renforcer l’autonomie alimentaire et manufacturière.
  • Le renforcement de la stabilité et de la cohésion sociale pour soutenir un environnement propice aux investissements.

À travers ce plan, l’État ivoirien réaffirme son rôle central dans la planification et l’orientation du développement, avec une ambition claire : faire de la Côte d’Ivoire un pays à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030.

Un financement colossal de plus de 114 000 milliards de FCFA

Pour concrétiser ces ambitions, le gouvernement estime les besoins de financement à 114 838,5 milliards de FCFA sur la période 2026-2030. Une mobilisation qui s’appuiera sur un partenariat public-privé équilibré : 30 % des investissements seront portés par le secteur public, tandis que les 70 % restants seront financés par le secteur privé.

Pour attirer les investisseurs et partenaires internationaux, un Groupe consultatif de haut niveau sera organisé à Abidjan les 8 et 9 juillet 2026. Cet événement réunira les principaux bailleurs de fonds, dont la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et le Système des Nations unies. L’objectif ? Présenter la stratégie ivoirienne et sécuriser les financements nécessaires à sa réalisation.

Vers le leadership économique ouest-africain

Avec ce programme d’envergure, la Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur clé du développement régional. En combinant TGV, métro, aéroports et routes modernes, le pays mise sur une infrastructure performante pour :

  • Soutenir une croissance économique durable.
  • Renforcer son attractivité auprès des investisseurs étrangers.
  • Devenir un hub logistique et industriel incontournable en Afrique de l’Ouest.