Coulisses de l’ONU : comment le Bénin a verrouillé son plaidoyer sécuritaire

Coulisses de l’ONU : comment le Bénin a verrouillé son plaidoyer sécuritaire

Derrière la tribune de l’ONU, une mécanique diplomatique s’est discrètement mise en place pour porter la voix du Bénin. La ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a présenté la déclaration nationale du pays lors de la dernière journée du débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Elle était entourée de la mission permanente conduite par l’ambassadeur Marc Hermanne Araba, représentant permanent du Bénin auprès de l’organisation. Un détail révélateur : son passage à la tribune est intervenu juste après les allocutions du Mali, du Burkina Faso et du Niger, dans un ordre de parole particulièrement observé.

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Un mandat au Conseil de paix et de sécurité qui éclaire la position béninoise

L’intervention prend une résonance particulière alors que le Bénin s’apprête à clore son mandat à la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine. Le discours prononcé à New York ne relève pas d’un exercice théorique : il s’appuie sur une doctrine sécuritaire globale que Cotonou déploie déjà sur le terrain, au niveau national et régional.

Opération Mirador : le verrouillage militaire du septentrion

Pour répondre à la pression des groupes armés terroristes dans la zone frontalière du nord, le Bénin a activé l’Opération Mirador. Ce dispositif préventif et défensif a pour mission de sécuriser les parcs nationaux de la Pendjari et du W, tout en protégeant les communautés rurales. En parallèle, l’armée béninoise renforce son maillage territorial par des recrutements massifs et la formation de nouveaux agents de sécurité, afin de combler les brèches exploitées par les groupes violents.

Initiative d’Accra : la coopération régionale en action

Sur le plan diplomatique et militaire sous-régional, le Bénin figure parmi les piliers de l’Initiative d’Accra, aux côtés du Ghana, du Togo, de la Côte d’Ivoire et des pays du Sahel. Ce mécanisme traduit concrètement les orientations défendues à l’ONU :

  • Échange de renseignements tactiques : des partages réguliers et directs entre services de renseignement pour pister les mouvements transfrontaliers.
  • Opérations conjointes : des actions coordonnées de part et d’autre des frontières pour empêcher les groupes armés de se replier d’un territoire à l’autre.

ABeGIEF : investir dans les zones frontalières pour tarir le recrutement

Pour Cotonou, la réponse sécuritaire ne peut pas être uniquement militaire. Via l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (ABeGIEF), l’État investit dans les infrastructures de base au nord du pays : écoles, points d’eau, centres de santé, pistes rurales. L’objectif est clair : endiguer le sentiment d’abandon, renforcer la résilience des communautés marginalisées et couper à la racine le recrutement des réseaux extrémistes.

Alerte précoce et sécurité communautaire : le lien armée-nation

Le gouvernement béninois mise sur le renforcement du lien entre l’armée et la nation. Grâce à des mécanismes d’alerte citoyenne et des numéros verts dédiés, les populations locales sont intégrées à la chaîne de renseignement préventif. Cette approche inclusive vise à instaurer un climat de confiance réciproque, indispensable pour contrer l’infiltration des réseaux clandestins.

Dans un contexte sous-régional tendu, le plaidoyer porté à New York par la délégation béninoise résume une doctrine claire : allier la fermeté opérationnelle aux frontières, l’investissement socio-économique auprès des populations et une coopération multilatérale pragmatique avec tous les partenaires voisins.

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