Sénégal : Bassirou Diomaye Faye officialise son parti Kiiraay et s’affranchit de Sonko
À Dakar, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a lancé samedi son nouveau parti politique, Kiiraay, un acte symbolique et politique fort. Ce mouvement, dont le nom signifie « protection » en wolof, signe la fin des alliances passées avec son ancien mentor, Ousmane Sonko, avec qui il avait pourtant accédé au pouvoir en 2024.

Un parti ancré dans les valeurs républicaines
Le lancement de Kiiraay, présenté comme le parti des Patriotes républicains, a rassemblé des centaines de partisans à Dakar. Ce mouvement se revendique fondé sur des principes comme l’éthique, la transparence, la fraternité et l’engagement au service du travail. Bassirou Diomaye Faye a d’ailleurs affirmé son ambition de faire de Kiiraay le parti majoritaire du pays. Déjà, plusieurs élus et responsables politiques ont quitté le Pastef pour rejoindre ce nouveau camp présidentiel.
La fin d’une collaboration politique
Cette scission intervient après des mois de tensions croissantes entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Bien que ce dernier ait été nommé Premier ministre à l’arrivée du président au pouvoir, il a été écarté en mai dernier en raison de divergences politiques et économiques majeures. Malgré son éviction du gouvernement, Ousmane Sonko conserve la présidence de l’Assemblée nationale et dirige toujours le Pastef, parti toujours majoritaire au Parlement.
« Aujourd’hui à Dakar, nous avons fondé Kiiraay – Les Patriotes Républicains. Kiiraay, dans la langue Wolof, c’est ce qui protège. Ce parti est né pour servir la République, la maison qui abrite tous les citoyens, et il est ouvert à tous les républicains. La Patrie d’abord ! 🇸🇳 »
Un paysage politique sénégalais en pleine recomposition
L’émergence de Kiiraay marque le début d’une nouvelle dynamique dans la vie politique sénégalaise. Le parti prévoit d’organiser son premier congrès après la saison des pluies, tandis que la rivalité entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’annonce comme un enjeu central pour les prochains mois. Cette division pourrait profondément modifier l’équilibre des forces au sein des institutions sénégalaises.