Les Nations unies viennent de tirer la sonnette d’alarme concernant une menace terroriste grandissante au Sahel et autour du lac Tchad. Dans un rapport rendu public cette semaine, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en lumière l’expansion persistante de Daech dans ces régions, malgré les efforts internationaux pour affaiblir son commandement central.

Une menace qui persiste malgré les pressions militaires

Selon le document présenté devant le Conseil de sécurité, Daech a profondément modifié sa structure pour échapper aux campagnes militaires qui lui sont opposées. Le groupe, autrefois très centralisé, s’est transformé en un réseau décentralisé de filiales régionales, chacune bénéficiant d’une autonomie accrue. Cette mutation lui permet de mieux s’adapter aux contextes locaux et de poursuivre ses activités malgré les pertes en leadership.

Le rapport souligne que les opérations antiterroristes ont effectivement réduit la capacité de Daech à planifier des attaques complexes à l’échelle internationale. Cependant, cette pression n’a pas suffi à éliminer la menace. Au contraire, le groupe a su exploiter les fragilités institutionnelles, les conflits prolongés et les difficultés économiques pour étendre son influence.

Les principales zones d’expansion de Daech

Le secrétaire général des Nations unies a identifié deux foyers majeurs où Daech étend son emprise :

  • Le Sahel : région où l’instabilité politique et les lacunes sécuritaires offrent un terreau fertile à l’expansion djihadiste ;
  • Le bassin du lac Tchad : zone stratégique où le groupe profite des dynamiques locales pour renforcer sa présence militaire et son recrutement.

Parmi les filiales les plus actives de Daech, la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) se distingue comme la plus redoutable à l’échelle mondiale. Le rapport révèle que cette branche a considérablement développé ses capacités militaires, notamment en intégrant des drones commerciaux pour améliorer ses opérations de surveillance et d’attaque.

Des offensives en Afrique centrale malgré les résistances

En République démocratique du Congo (RDC) et au Mozambique, les groupes affiliés à Daech continuent de mener des offensives, malgré les contre-offensives des forces nationales et régionales. Ces mouvements terroristes persistent dans leurs efforts de recrutement et de renforcement de leurs réseaux locaux, tout en exploitant les faiblesses des systèmes de sécurité.

Oguljeren Niyazberdiyeva, membre du Bureau des Nations Unies contre le terrorisme (UNOCT), a déclaré : « Daech a profondément transformé son mode de fonctionnement pour survivre. Le groupe représente toujours une grave menace pour la paix et la sécurité internationales, malgré les efforts déployés à l’échelle mondiale. »

L’exploitation des nouvelles technologies par Daech

Le rapport met en lumière une évolution inquiétante : l’utilisation croissante des nouvelles technologies par Daech. Le groupe exploite désormais :

  • L’intelligence artificielle pour optimiser sa propagande ;
  • Les plateformes numériques pour diffuser son idéologie ;
  • Les communications chiffrées pour échapper aux écoutes ;
  • Les actifs virtuels pour financer ses activités ;
  • Les drones sans pilote pour étendre ses capacités offensives.

Face à cette menace en constante évolution, l’ONU insiste sur la nécessité de renforcer la coopération internationale, mais aussi d’établir un dialogue plus étroit avec les entreprises technologiques et le secteur privé. L’objectif ? Améliorer la gouvernance de ces outils émergents et limiter leur exploitation par les groupes terroristes.

Le rapport conclut cependant sur une note positive : ces mêmes technologies pourraient devenir des instruments puissants de prévention et de lutte contre le terrorisme, à condition d’être utilisées de manière responsable et dans le respect du droit international.