Déclaration de patrimoine au Sénégal : un texte adopté mais renvoyé au référendum

L’Assemblée nationale sénégalaise a franchi une étape symbolique en adoptant, à une large majorité, une réforme visant à renforcer la transparence des déclarations de patrimoine. Avec 133 voix pour sur 165 députés, le texte modifie les obligations des plus hautes autorités de l’État : président, Premier ministre et président de l’Assemblée nationale devront désormais déclarer leur patrimoine au début et à la fin de leur mandat, sous contrôle du Conseil constitutionnel. Une évolution saluée par le Pastef, parti au pouvoir.

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Une réforme constitutionnelle qui ne fait pas l’unanimité

Malgré son adoption par les députés, la réforme n’a pas dissipé les tensions autour de ce texte. Le président de la République a en effet décidé, conformément à l’article 103 de la Constitution, de soumettre cette proposition à un référendum pour validation finale. Une décision qui surprend plusieurs observateurs, à commencer par le ministre de la Justice, qui y voit une opportunité de réfléchir plus largement à la modernisation des institutions.

Le coût politique et économique du référendum

Pour Moussa Diaw, analyste politique, cette initiative soulève des questions légitimes : « Pourquoi soumettre à référendum une loi déjà approuvée par les députés, alors que le pays traverse une période économique difficile ? Le coût d’une telle consultation pourrait peser lourd sur les finances publiques, déjà mises à rude épreuve. »

Du côté du Pastef, on défend pourtant ce choix. Ansoumana Sambou, membre du Secrétariat national à la communication, rappelle que « la déclaration de patrimoine n’a jamais suscité de controverse au Sénégal. Les citoyens y sont favorables, car elle permet de lutter contre l’enrichissement illicite et le gaspillage des deniers publics. »

Cette réforme, initialement technique, s’est transformée en un enjeu politique majeur. Entre le Pastef d’Ousmane Sonko et la mouvance présidentielle menée par Bassirou Diomaye Faye, les positions s’affrontent désormais sur un terrain symbolique : la transparence institutionnelle.

Les prochains débats : crédits spéciaux et opacité

Les tensions devraient s’intensifier dès ce mercredi, avec l’examen d’un autre texte controversé : les crédits spéciaux. Ces fonds, gérés directement par la présidence et la primature, sont souvent pointés du doigt pour leur manque de transparence. Un dossier qui promet des échanges houleux à l’Assemblée.

Alors que le Sénégal renforce progressivement ses mécanismes de contrôle, la question reste entière : ce référendum sur la déclaration de patrimoine servira-t-il la démocratie ou deviendra-t-il un nouveau champ de bataille politique ?