Des places de finale à prix d’or : comment les revendeurs contournent les protections de l’UEFA
Prix exorbitants, arnaques en ligne, billets liés à un smartphone… À quelques jours de la finale Arsenal-PSG, le marché parallèle des places bat des records. Certains n’hésitent plus à vendre le téléphone avec le billet.
Un marché parallèle en pleine effervescence
Les grands événements, qu’ils soient musicaux ou sportifs, voient désormais leurs billets s’échanger à des prix dépassant allègrement les trois chiffres. La finale de la Ligue des Champions, prévue le 30 mai prochain, illustre parfaitement cette tendance. Deux clubs au sommet de leur forme, Arsenal champion d’Angleterre et le PSG tenant du titre en Ligue des Champions, attirent des milliers de supporters. Pourtant, seulement 18 000 billets sont officiellement réservés à chaque équipe. Le reste, soit environ 31 000 places, est destiné aux neutres, aux partenaires et à d’autres circuits de distribution. Un déséquilibre criant entre l’offre et la demande qui profite aux revendeurs et aux escrocs.
Jusqu’à 115 000 euros pour un billet : l’addition qui fait mal
« C’est surtout sur X qu’il y a beaucoup d’escrocs. Sur les groupes WhatsApp, c’est assez bien organisé. On dirait presque une société de vente de tickets classique. »
Martin, un supporter parisien
Sur les réseaux sociaux, les prix des billets explosent. « Sur les groupes WhatsApp, on ne trouve aucun billet en dessous de 2 000 euros. C’est le prix plancher », confie un supporter parisien, bien décidé à suivre son équipe à Budapest, la ville hôte de la finale. Sur des plateformes de revente comme Fan Pass ou SeatPick, les tarifs peuvent atteindre jusqu’à 115 000 euros. À titre de comparaison, l’UEFA propose des places entre 70 et 950 euros.
Cette frénésie tarifaire s’accompagne d’un marché noir bien organisé. « Il y a un énorme système où des abonnés du club rachètent des billets par dizaines pour les revendre beaucoup plus chers. Ils profitent de l’événement exceptionnel pour réaliser des marges colossales. C’est un véritable marché parallèle, à part entière », explique Martin, un autre supporter parisien qui, n’ayant pas obtenu de billet, a opté pour une place au Parc des Princes avec écran géant.
« On a contacté la personne qui avait mis une annonce. Après quelques échanges, on a fourni notre RIB, le nom du titulaire. Le virement a été effectué, puis le revendeur a disparu. »
Martin, un supporter parisien
Sur X, les arnaques se multiplient. Martin en a fait les frais : « C’est la première fois qu’on a une telle mésaventure. On a été un peu trop naïfs, on a voulu aller trop vite à cause de la demande qui est trop importante. » En y regardant de plus près, il a remarqué le logo de Gemini, le chatbot de Google, sur la capture d’écran du billet. Un détail qui aurait dû alerter : il s’agissait d’un faux.
L’UEFA renforce ses mesures de sécurité, mais les revendeurs s’adaptent
Face à cette situation, l’UEFA a mis en place un système de billetterie numérique via son application officielle UEFA Mobile Tickets. Les billets papier ou PDF ne sont plus acceptés : ils doivent être téléchargés sur l’application. L’UEFA précise que « les captures d’écran de billets mobiles ne sont pas des billets valables » et que « seul le téléphone utilisé pour télécharger les billets permettra d’accéder au stade ». Une mesure censée éviter la circulation de faux billets et les reventes frauduleuses.
Pourtant, les revendeurs ont trouvé une parade : vendre le smartphone avec le billet. « C’est la première fois que je vois ça. Je n’ai jamais vu ça », s’étonne Martin. Les annonces fleurissent : un ticket + un smartphone pour 19 500 euros. Dans ce cas, deux options s’offrent à l’acheteur : récupérer le téléphone en main propre ou le recevoir par la poste. Une pratique risquée qui séduit pourtant de nombreux supporters, comme en témoignent des publications sur les réseaux sociaux.
Derrière ce business parallèle, une question persiste : qui sont les revendeurs ? « C’est difficile de savoir combien ils sont derrière. S’il y a une seule personne ou si ce sont des organisations. D’ailleurs, c’est un peu flippant. Tu te demandes à quoi va servir cet argent », confie Martin, qui a finalement réussi à obtenir un billet pour le Parc des Princes… via WhatsApp.