destruction de faladiè à Bamako : plus de 300 familles sans abri
Le marché à bétail de Faladiè, situé en périphérie de Bamako, a été entièrement rasé par les autorités maliennes. Ce site abritait également un camp de déplacés internes, majoritairement originaires des régions centrales du Mali. Résultat : plus de 300 familles, soit plus de 2 000 personnes, se retrouvent sans logement ni assistance, plongeant la situation humanitaire dans une crise immédiate.
un camp de déplacés rasé dans le cadre d’une mesure sécuritaire
La destruction du garbal de Faladiè, survenue le 19 avril 2025, s’inscrit dans une stratégie de déplacement des marchés à bétail décidée par les autorités maliennes en septembre 2024. Cette mesure visait à éloigner les marchés suspectés d’abriter des combattants djihadistes, après les attaques menées par le Jnim contre des sites militaires et une école de gendarmerie à Bamako. Pourtant, le site abritait aussi un camp de déplacés, contraignant des centaines de familles à l’exode.
témoignage d’une déplacée : « nous pensions être en sécurité »
Dado, une mère de famille originaire de Bankass, dans le centre du Mali, raconte son parcours : « Nous avons quitté notre village il y a six ans, fuyant les violences. Nous pensions être en sécurité à Bamako. » Avec ses sept enfants, elle faisait partie des 300 familles vivant dans le camp, aujourd’hui réduit à néant. Plus de 2 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, se retrouvent sans abri, confrontées à l’absence de nourriture, d’eau et de soins.
une relocalisation prévue, mais jugée « non fonctionnelle »
Les autorités ont annoncé le transfert des déplacés vers Sanankoroba, à 35 km de Bamako, où un site aménagé par l’État devait les accueillir. Pourtant, ce lieu est perçu comme « non fonctionnel » par les vendeurs de bétail et les déplacés eux-mêmes. Dado exprime son désarroi : « On nous demande de partir, mais où aller ? Nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter. Pourtant, nous supplions les autorités de nous trouver un autre lieu pour nous reloger. »
Les déplacés, qui vivaient en partie en récupérant des déchets pour les revendre, se retrouvent aujourd’hui dans une précarité extrême. « Aujourd’hui, nous manquons de tout : pas d’eau, pas de nourriture. Mais le plus urgent, c’est un toit. Sans logement, rien n’est possible. »
Le camp de Faladiè, créé en 2019, bénéficiait jusqu’alors du soutien d’organisations humanitaires et des autorités maliennes. Malgré les demandes d’informations, la Direction nationale du développement social n’a pas encore communiqué sur les mesures d’urgence à mettre en place.
crise humanitaire aggravée par les décisions sécuritaires
Cette situation met en lumière les conséquences désastreuses des mesures de sécurité sur les populations les plus vulnérables. Les déplacés, déjà fragilisés par des années de conflit, subissent de plein fouet les décisions prises sans évaluation suffisante de leurs impacts humains. L’urgence humanitaire à Bamako exige une réponse immédiate pour éviter une catastrophe sociale.
- Plus de 2 000 personnes sans abri après la destruction du camp de Faladiè.
- Un site de relocalisation à Sanankoroba jugé insuffisant par les déplacés.
- Des besoins immédiats en nourriture, eau et logements.