Diplomatie africaine : Lomé au cœur des discussions sur la crise dans l’Est de la RDC
- Sécurité
Le président du Conseil des ministres togolais et médiateur de l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale, pour des échanges sur la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Lors de cette rencontre à Pya, dans la préfecture de la Kozah, les deux responsables ont évoqué les défis sécuritaires persistants dans la région des Grands Lacs et les initiatives de médiation en cours pour instaurer une paix durable.
Un dialogue axé sur la stabilisation de l’Est de la RDC
Selon la présidence togolaise, Floribert Anzuluni a salué l’engagement personnel de Faure Gnassingbé dans la recherche d’une solution durable au conflit qui agite la région depuis des décennies. Le président togolais, désigné médiateur par l’Union africaine, mène actuellement des consultations avec les différentes parties prenantes pour favoriser un règlement pacifique du conflit.
Ces échanges s’inscrivent dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités dans l’Est de la RDC, où la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, continue ses offensives contre les forces gouvernementales. Certains analystes estiment que le mouvement contrôle désormais entre 15 % et 30 % de la production mondiale de coltan dans la région de Rubaya, exacerbant les tensions économiques et sécuritaires.
Avant son étape à Lomé, l’émissaire congolais s’était rendu en Ouganda pour transmettre un message de Félix Tshisekedi à son homologue Yoweri Museveni, soulignant l’importance de la coopération régionale dans la gestion de cette crise.
Les initiatives diplomatiques en Afrique centrale
Cette rencontre s’ajoute à une série d’efforts diplomatiques intenses dans la région. Kinshasa et Luanda entretiennent des échanges réguliers sur les enjeux bilatéraux et la stabilité des Grands Lacs. Ces consultations interviennent également après les démarches menées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, auprès des principales confessions religieuses de la RDC et d’un groupe de leaders de l’opposition.
Un autre événement marquant a été la visite récente de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour discuter avec Denis Sassou Nguesso, suivie par la réception du cardinal Fridolin Ambongo à Brazzaville. Ces déplacements diplomatiques visent à renforcer la coordination entre les acteurs régionaux et internationaux pour consolider les avancées en matière de paix et de sécurité.
Lomé, capitale africaine de la médiation
Cette visite à Lomé s’est tenue quelques semaines après la session technique de la réunion semestrielle d’évaluation du processus de paix, organisée les 7 et 8 juin 2026 à l’initiative de Faure Gnassingbé. Le médiateur de l’Union africaine a insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence et la coordination entre les différents mécanismes de médiation engagés dans la région.
Faure Gnassingbé a réaffirmé que seule une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettra de consolider les acquis et de favoriser une paix durable dans les Grands Lacs. Cette session d’évaluation fait suite à une réunion de haut niveau tenue les 16 et 17 janvier à Lomé, qui avait rassemblé d’anciens chefs d’État, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que plusieurs partenaires internationaux.
L’objectif de ces initiatives est de renforcer la confiance entre les parties, de faire progresser le dialogue et de veiller au respect des engagements pris par les différents acteurs impliqués dans le processus de paix.
Un enjeu politique et sécuritaire majeur
Ces discussions surviennent dans un contexte politique national en RDC, marqué par des débats autour d’un éventuel projet de révision constitutionnelle, à deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi. La situation sécuritaire dans l’Est du pays reste un défi majeur pour le gouvernement congolais, qui cherche à stabiliser une région en proie à des conflits récurrents depuis plus de trente ans.
Les initiatives diplomatiques en cours, portées par des acteurs africains, visent à éviter une escalade des tensions et à trouver des solutions durables pour les populations civiles affectées par les violences.