Félix Tshisekedi recule face à la pression de l’opposition en RDC

Portrait officiel de Félix Tshisekedi, président de la RDC

Face à l’escalade des tensions avec la Coalition Article 64 (C64), une alliance majeure de l’opposition congolaise formée en mai 2024, le président Félix Tshisekedi a finalement cédé à une partie des revendications. Jeudi 13 août, il a officiellement sollicité une nouvelle discussion parlementaire concernant la loi encadrant l’organisation d’un référendum sur une réforme constitutionnelle.

Cette proposition, portée par le camp présidentiel depuis deux ans, est vivement critiquée par l’opposition. Selon la C64, ce texte vise en réalité à permettre à Tshisekedi de se représenter pour un troisième mandat, une initiative jugée anticonstitutionnelle par les détracteurs du projet.

La veille, mardi 12 août à Kinshasa, Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et porte-parole de la coalition, avait lancé un ultimatum sans équivoque : « La C64 ne tolérera plus de tergiversations et mobilisera massivement la population si le président ne retire pas son projet de loi ».

La coalition avait même fixé une date symbolique, le samedi 15 août, pour évaluer les avancées des négociations. En cas d’échec, elle appelait à une « mobilisation citoyenne et à la résistance », soulignant que le maintien du texte « risquerait d’attiser les divisions et de détourner l’attention des priorités nationales ».

Une concession saluée, mais jugée insuffisante

Bien que la décision de Tshisekedi marque un « pas en avant », Prince Epenge, cofondateur de la C64, a précisé que la coalition maintiendrait une pression maximale. « C’est un petit pas dans la bonne direction, mais les attentes restent entières », a-t-il déclaré.

Cette concession intervient après l’annulation d’une marche prévue le 22 juillet à Kinshasa. Les responsables religieux, tant catholiques que protestants, avaient alors interpellé les parties prenantes pour privilégier le dialogue plutôt que les manifestations.

La société civile s’engage contre la réforme

En parallèle, 65 organisations de la société civile congolaise ont adressé un mémorandum au chef de l’État et aux institutions nationales. Dans ce document, elles mettent en garde contre les conséquences d’un référendum constitutionnel, qu’elles estiment « susceptible d’aggraver les tensions politiques et sociales ». Selon elles, cette initiative « détournerait les ressources et l’énergie des véritables défis du pays ».