Le Forum africain de l’eau, dont le thème central était « De la vision à l’action », s’est achevé il y a deux jours à N’Djamena après avoir rassemblé, pendant deux journées intenses, les acteurs clés du secteur hydrique africain. Cette rencontre, coorganisée par les autorités tchadiennes et le Groupe de la Banque mondiale, a permis d’aborder en profondeur les enjeux cruciaux liés à l’accès universel à l’eau potable et à la gestion durable des ressources hydrauliques sur le continent.

Des engagements forts pour des résultats tangibles

À l’issue des débats, Farouk Mollah Banna, représentant du Groupe de la Banque mondiale, a souligné avec force l’impérieuse nécessité de concrétiser les promesses faites par les États et les partenaires financiers. Il a mis en lumière l’urgence de répondre aux attentes légitimes des populations africaines, qui aspirent à un accès plus équitable, fiable et étendu aux ressources en eau, tout en garantissant une sécurité alimentaire durable.

« Les décisions prises lors de ce forum doivent impérativement se traduire en actions mesurables sur le terrain », a-t-il martelé. « La crédibilité de nos engagements dépendra de notre capacité à transformer les paroles en actes concrets, au service des communautés. »

Le bassin du lac Tchad, symbole d’une urgence partagée

Allah Maye Halina, Premier ministre tchadien, a placé le lac Tchad au cœur des priorités africaines. Selon lui, la sauvegarde de cet écosystème vital dépasse largement les frontières des pays riverains (Tchad, Cameroun, Nigeria, Niger et Libye) et représente un défi continental aux répercussions multiples.

« Le lac Tchad n’est pas qu’un enjeu local : il incarne la stabilité régionale, la sécurité alimentaire et le développement économique de plus de 30 millions de personnes. Sa dégradation progressive menace directement l’équilibre de toute une région. Il est temps d’en faire une priorité absolue, non seulement pour les États concernés, mais pour l’ensemble du continent africain et de la communauté internationale. »

Un appel à l’action immédiate

Les organisateurs du forum ont insisté sur la nécessité de ne pas laisser les recommandations s’enliser dans des rapports sans lendemain. Ils appellent à une mobilisation sans délai des ressources humaines, financières et techniques pour donner vie aux solutions discutées.

Les participants, issus de divers horizons, se sont accordés sur un point : l’heure est à l’action, pas aux promesses. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la volonté politique réelle de concrétiser les engagements pris à N’Djamena.