Le 31 août 2026 marque une décennie depuis l’attaque violente contre le quartier général de campagne de Jean Ping à Libreville. Cet événement demeure l’un des moments les plus sombres et controversés de la crise postélectorale qui a secoué le Gabon en 2016.
Pour rappel, à la suite du scrutin présidentiel du 27 août 2016 proclamant la victoire du président sortant Ali Bongo Ondimba, l’opposition, unie derrière Jean Ping, avait vigoureusement contesté les chiffres officiels. C’est dans ce contexte d’extrême tension que, durant la nuit du 31 août au 1er septembre 2016, les forces de sécurité ont pris d’assaut le QG de l’opposant.
Cette opération militaro-policière s’est soldée par des décès, de nombreux blessés, des arrestations massives et des disparitions forcées, selon les rapports de la société civile et les témoignages des survivants. À l’époque, le pouvoir en place avait justifié cette offensive en affirmant rechercher des individus suspectés d’avoir incendié l’Assemblée nationale et de s’être repliés dans ce QG de l’opposition.
Une décennie d’attente : le combat pour la vérité
Dix ans plus tard, la coalition citoyenne Tournons La Page Gabon (TLP-Gabon) continue de réclamer que la lumière soit faite sur ces événements tragiques. L’organisation pointe du doigt les nombreuses zones d’ombre qui persistent encore aujourd’hui :
- Qui a ordonné cet assaut meurtrier ?
- Quel est le bilan réel et définitif des victimes ?
- Quelles investigations judiciaires ont véritablement été menées ?
- Où reposent les corps des personnes disparues ?
Pour TLP-Gabon, aucune réconciliation nationale sincère ne pourra s’opérer sans que la justice ne fasse son travail. C’est dans cette optique qu’a été lancée la campagne mémorielle « 10 ans, 10 visages », visant à humaniser et honorer la mémoire des disparus et des blessés.
Alors que le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, au pouvoir depuis 2023, s’est montré ouvert à la création d’une commission d’enquête sur les violences postélectorales, les familles attendent toujours des actes concrets. Nous faisons le point sur cette quête de justice avec nos invités :
- Virgilio Foumangoye, économiste et consultant spécialisé en développement durable.
- Marc Ona Essangui, actuel 5ᵉ vice-président du Sénat et ancien dirigeant de Tournons la Page Internationale.
- Frédéric Samy Passalet, écrivain, essayiste, docteur en littérature francophone et spécialiste de la prévention des conflits en Afrique, auteur de l’ouvrage Les marionnettes de Poutine en Afrique.
- Rodolphe Chauvet, avocat pénaliste inscrit au barreau de Paris, collaborateur de William Bourdon sur le volet français de cette affaire.
