Un conseil interministériel décisif pour relancer l’économie sénégalaise

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce jeudi, un Conseil interministériel dédié aux infrastructures au Building administratif Président Mamadou Dia. L’objectif affiché : débloquer 245 projets et actifs publics paralysés par des difficultés financières, techniques ou juridiques, pour un montant global dépassant plusieurs milliers de milliards de francs CFA.

Ousmane Sonko lors du conseil interministériel sur les infrastructures

Un diagnostic alarmant révèle des milliards immobilisés

L’État a identifié 30 infrastructures achevées mais jamais mises en service, dont 25 actuellement à l’arrêt, représentant un investissement gelé de 279 milliards de francs CFA. Quinze de ces projets ont été classés en priorité absolue en raison de leur portée économique et stratégique.

Par ailleurs, 23 actifs déjà exploités pourraient être optimisés ou recyclés, pour une valeur estimée à 1 065 milliards de francs CFA. S’ajoutent à cela 94 projets en cours, dont 62 bloqués, mobilisant 5 227 milliards de francs CFA. Leur achèvement nécessiterait un financement complémentaire de 973 milliards de francs CFA.

Un patrimoine immobilier et foncier à rationaliser

L’audit a également porté sur le patrimoine immobilier et foncier de l’État, recensant 97 biens principalement situés à Dakar, pour une valeur marchande estimée à 132 milliards de francs CFA.

Une task force opérationnelle pour des solutions concrètes

Face à ce constat, Ousmane Sonko a ordonné la création immédiate d’un comité inclusif placé sous sa présidence. Cette task force, dont les travaux débuteront dès ce jour, devra présenter une feuille de route opérationnelle d’ici le 30 juin prochain. Ses missions ? Proposer des solutions pour finaliser les chantiers, définir des modèles de gestion viables et valoriser les actifs publics.

Les blocages identifiés : finances, technique et coordination

Le diagnostic révèle que 42 projets sont paralysés par des manques de financement, des retards de paiement ou des insuffisances budgétaires. D’autres subissent des contraintes techniques, des litiges juridiques ou l’absence de modèles d’exploitation adaptés. Le Premier ministre a souligné « la situation paradoxale » de ces infrastructures achevées mais inutilisées, parfois depuis des années.

Des projets emblématiques ciblés par les mesures gouvernementales

Parmi les infrastructures prioritaires figurent les ports de Foundiougne, Soumbédioune et Ndangane, les Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté dans plusieurs régions, les fermes villageoises Naatangué ANIDA ainsi que les agropoles de Mpal, Adéane, Dioulacoulon et Mbellacadiao.

Les grands chantiers bloqués incluent également l’Université du Sine-Saloum, les 45 Espaces numériques ouverts (ENO), les aéroports régionaux de Saint-Louis, Matam et Kolda, le Terminal à conteneurs du Port de Ndayane, le Mémorial du Bateau Le Joola ou encore l’hôpital Aristide Le Dantec.

L’appel aux partenariats public-privé pour une exploitation optimale

Le gouvernement mise sur les partenariats public-privé pour maximiser la rentabilité de plusieurs infrastructures, notamment les stades nationaux, les parcs et réserves naturelles, ainsi que certains actifs immobiliers de l’État et des représentations diplomatiques sénégalaises à l’étranger.

Une stratégie pour renforcer l’efficacité de l’investissement public

À travers cette vaste opération de recensement et de rationalisation, l’exécutif sénégalais entend renforcer l’efficacité de l’investissement public, réduire les actifs dormants et améliorer la rentabilité des infrastructures financées par l’État.