Depuis mardi 11 août 2026, le Port autonome de Lomé fonctionne au ralenti. À l’aube de ce jour, les quelque 2 000 agents du site ont lancé un débrayage de 72 heures, conformément à l’appel lancé par le Syndicat des agents du Port autonome de Lomé (SYAPAL). La mobilisation, qui s’achèvera officiellement à 23h59 ce jeudi 13 août, risque de plonger l’un des principaux hubs logistiques d’Afrique de l’Ouest dans une crise durable.

Des revendications sociales et statutaires non résolues

Derrière cette crise se cache un mécontentement profond qui couve depuis plusieurs mois. Les agents du Port de Lomé réclament avant tout une revalorisation salariale, la régularisation de leurs statuts et une application stricte des textes encadrant leur métier. Pourtant, malgré les multiples échanges, le dialogue social semble s’être enlisé, transformant une simple tension en un conflit ouvert.

Le SYAPAL dénonce notamment un « simulacre de négociation » de la part de la direction générale. Malgré l’arrivée de Kokou Edem Tengue à la tête du port en juillet dernier, les promesses d’apaisement n’ont pas suffi à désamorcer la crise. Le syndicat accuse même les responsables du port de mauvaise foi, aggravant un climat déjà tendu.

Quels risques pour l’économie togolaise et régionale ?

Cette grève de 72 heures pourrait n’être qu’un prélude à une crise bien plus large. Si les autorités et la direction du port ne cèdent pas aux revendications, plusieurs scénarios catastrophiques se dessinent :

  • Une grève prolongée ou illimitée : Le SYAPAL n’exclut pas de prolonger le mouvement, voire de basculer vers une grève totale. Une telle décision paralyserait l’ensemble des activités portuaires, bloquant la manutention, l’acconage et l’enlèvement des marchandises.
  • Un engorgement logistique sans précédent : En tant que porte d’entrée majeure du commerce ouest-africain, le Port de Lomé risque de voir ses terminaux saturés. Les navires pourraient alors se détourner vers d’autres ports concurrents comme Cotonou ou Abidjan, entraînant des surcoûts logistiques pour les armateurs.
  • Un impact en cascade sur les pays enclavés : Le Port de Lomé est un nœud stratégique pour les pays du Sahel, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Une paralysie prolongée entraînerait des retards dans l’approvisionnement en denrées essentielles et une flambée des prix dans toute la sous-région.

Sous pression, le gouvernement et la direction doivent agir

Face à l’urgence de la situation, les autorités togolaises et la direction du Port autonome de Lomé sont désormais sous le feu des projecteurs. Une négociation directe et transparente avec les représentants des travailleurs est devenue indispensable pour éviter une crise aux conséquences économiques et sociales dévastatrices.

Le temps presse : d’ici la fin du préavis, chaque minute compte pour trouver une issue à ce conflit qui menace de s’étendre bien au-delà des murs du port.