Guinée-Bissau : désarmement à Bissau, Embaló bloqué avant la présidentielle

Guinée-Bissau : désarmement à Bissau, Embaló bloqué avant la présidentielle

La junte militaire guinéenne mène une vaste opération de désarmement à Bissau, à moins de deux mois de la présidentielle du 6 décembre. Des armes sont recherchées, notamment celles attribuées à des proches de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, exilé au Maroc et candidat déclaré. Son retour est pour l’instant refusé par les autorités militaires.

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Des caches d’armes traquées dans la capitale

Les forces de sécurité poursuivent leurs recherches dans plusieurs quartiers de Bissau. Des conteneurs et des habitations sont inspectés pour retrouver armes et munitions dissimulées. L’objectif affiché : désarmer des groupes susceptibles de menacer la stabilité de la capitale.

Les autorités militaires veulent reprendre le contrôle des armes qui circulent en dehors des circuits officiels. Cette opération intervient dans un pays où l’armée joue un rôle central dans les crises politiques depuis des décennies, et où les coups d’État ont régulièrement interrompu les processus démocratiques.

Selon les informations disponibles, certaines armes recherchées seraient liées à des éléments proches de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Une accusation politiquement sensible, qui devra être étayée par des preuves établissant l’origine des armes et l’identité de leurs détenteurs.

Embaló veut revenir et se présenter

Derrière ces opérations sécuritaires se profile une échéance politique majeure : l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026. Après le coup d’État de novembre 2025, Umaro Sissoco Embaló vit en exil au Maroc.

L’ancien président a annoncé son intention de rentrer en Guinée-Bissau et de briguer un nouveau mandat. Fin septembre, il a confirmé sa candidature. Son retour était initialement prévu le 4 octobre, mais la hiérarchie militaire en a décidé autrement, invoquant des conditions de sécurité non réunies et la protection de l’ordre public.

Embaló maintient sa volonté de participer au scrutin et demande que sa candidature soit examinée de manière impartiale et indépendante par les autorités judiciaires.

Une candidature qui perturbe la transition militaire

La confrontation entre l’ancien président et les nouvelles autorités ne se limite plus à la question de son retour. Elle pourrait désormais se jouer sur le terrain électoral.

La junte s’est engagée à organiser des élections pour rétablir un pouvoir civil. Le scrutin présidentiel et les législatives sont fixés au 6 décembre. Mais le cas Embaló place les militaires devant un dilemme : comment organiser une élection censée marquer la fin de la transition tout en empêchant l’ancien président renversé de revenir faire campagne ?

Pour l’heure, les autorités justifient officiellement son interdiction de retour par des considérations sécuritaires. Il serait donc prématuré de parler d’une candidature juridiquement rejetée. En revanche, son retour physique est bien bloqué, ce qui compromet sa capacité à mener campagne sur le terrain.

Les armes, un enjeu politique autant que sécuritaire

Dans ce contexte, les opérations de saisie prennent une dimension supplémentaire. En recherchant des armes susceptibles d’être liées à des réseaux proches de l’ancien pouvoir, la junte affirme vouloir prévenir toute menace contre la sécurité publique.

Mais ces opérations interviennent au moment où la rivalité politique autour de la présidentielle s’intensifie. La question sera de savoir si le désarmement constitue uniquement une mesure de sécurité ou s’il aura aussi des conséquences sur le rapport de forces avant le scrutin.

Les autorités militaires devront démontrer que les perquisitions et les saisies reposent sur des procédures transparentes et qu’elles ne servent pas à écarter certains adversaires politiques.

Une transition sous surveillance

La junte a fait adopter en août une nouvelle Constitution à l’issue d’un référendum contesté par une partie de l’opposition et de la société civile. Le nouveau texte renforce notamment les pouvoirs présidentiels.

Dans ce climat, la présidentielle du 6 décembre représente un rendez-vous crucial pour l’avenir institutionnel du pays. Le retour éventuel d’Embaló, sa candidature et les conditions dans lesquelles les autres prétendants pourront faire campagne seront scrutés avec attention.

À Bissau, les militaires continuent de fouiller, saisir et désarmer. Mais derrière les conteneurs inspectés et les armes recherchées se profile une bataille plus large : celle du contrôle de la transition et des conditions dans lesquelles la Guinée-Bissau retournera — ou non — au pouvoir civil.

À deux mois du scrutin, le bras de fer entre la junte et Umaro Sissoco Embaló ne fait que commencer.

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