La Constitution congolaise sous le feu des projecteurs lors de colloques universitaires alors que le pouvoir en place défend sa modification
- Politique
Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire et de la Recherche scientifique organise, du 10 au 12 juin, trois colloques à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi. Ces rencontres, présentées comme scientifiques, visent à analyser la Constitution de 2006, ses forces, ses faiblesses et ses adaptations possibles aux défis actuels de la République démocratique du Congo.
Un colloque national autour de trois axes majeurs
Organisés simultanément dans trois villes stratégiques, ces colloques s’articuleront autour de thématiques distinctes :
- Kinshasa : pôle géostratégique, analysant les enjeux politiques et sécuritaires du texte constitutionnel.
- Kisangani : pôle sociologique et environnemental, évaluant l’impact social et écologique des dispositions actuelles.
- Lubumbashi : pôle industriel et transition énergétique, examinant les liens entre la Constitution et le développement économique.
La ministre de tutelle, Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse, a souligné l’importance de ces travaux pour « renforcer l’État de droit, la gouvernance démocratique et le développement durable ».
Un contexte politique marqué par la polémique sur la réforme constitutionnelle
Ces colloques interviennent alors que le débat sur la modification de la Constitution s’intensifie à Kinshasa. Portée notamment par l’UDPS, parti au pouvoir, cette réforme suscite de vives tensions.
Ses partisans, dont plusieurs membres de l’Union sacrée, critiquent le texte actuel, le jugeant inadapté aux réalités congolaises. Ils évoquent des lacunes dans la gestion étatique, la définition de la nationalité et la nécessité d’ajuster le document aux défis nationaux.
À l’inverse, l’opposition et une partie de la société civile dénoncent une manœuvre visant à permettre un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, dont le mandat actuel s’achève en janvier 2029. Ils accusent le régime de vouloir s’éterniser au pouvoir, dans un contexte de guerre et de crise sécuritaire.
Deux coalitions s’affrontent sur le terrain constitutionnel
Le débat a donné naissance à deux mouvements opposés :
- La Coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel (C64) : défend le maintien du texte actuel.
- La Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4) : milite pour une refonte du texte.
Chaque camp affirme représenter la volonté populaire, alimentant une polarisation croissante dans l’environnement sociopolitique congolais.