La France recentre sa stratégie diplomatique sur le Maroc, marquant un tournant dans ses relations avec le Maghreb. Cette priorité affichée précède de peu l’arrivée du Premier ministre français, Sébastien Lecornu, pour une visite officielle de deux jours au Royaume chérifien. Un déplacement qui s’annonce stratégique, alors que Paris semble abandonner toute velléité d’équilibre dans la région.
Une visite officielle sous le signe de la coopération renforcée
C’est un déplacement sans précédent : Sébastien Lecornu effectue son premier voyage à l’étranger depuis sa nomination, accompagné d’une délégation ministérielle d’une douzaine de membres. Parmi eux figurent le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et celui de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Leur objectif ? Renforcer les liens avec le gouvernement marocain, dirigé par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.
Au programme, un entretien bilatéral suivi d’un point de presse conjoint en fin de matinée. La journée se clôturera par un déjeuner officiel, symbole d’une relation diplomatique en pleine effervescence. Une cérémonie de dépôt de gerbe au mausolée Mohammed V est également prévue, soulignant le respect mutuel entre les deux nations.
La sécurité et la coopération judiciaire au cœur des échanges
Lors d’une intervention au Sénat, Sébastien Lecornu n’a pas manqué de saluer la qualité de la coopération policière et judiciaire entre la France et le Maroc. «Je salue l’excellent niveau de coopération policière et judiciaire avec le Maroc et la qualité de cette relation puissante avec nos partenaires marocains», a-t-il déclaré. Une reconnaissance qui s’inscrit dans un partenariat déjà solide, marqué par des échanges constants.
Le Maroc, un partenaire incontournable pour l’Europe
Les relations bilatérales ne se limitent pas aux seuls échanges gouvernementaux. Une délégation de députés marocains, invitée par le président du groupe d’amitié France-Maroc au Sénat, a également été reçue. Parmi eux, Mohamed Zidouh, président du Groupe d’amitié parlementaire Maroc-France à la Chambre des conseillers.
Des discussions ont eu lieu avec plusieurs eurodéputés français, dont François-Xavier Bellamy, vice-président du Groupe du Parti populaire européen, Pierre Jouvet, vice-président du Groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, et Fabienne Keller, questeure du Parlement européen. Ces échanges ont mis en lumière la profondeur des liens entre le Maroc et l’Union européenne.
François-Xavier Bellamy a souligné «la profondeur des liens d’amitié et de coopération entre le Maroc et la France», qualifiant le Royaume d’exemple en matière d’ouverture et de développement. Il a également insisté sur «le processus de développement tous azimuts dans lequel le Maroc s’est engagé», appelant l’Union européenne à reconnaître les efforts d’un partenaire «sérieux, crédible et respectueux de ses engagements».
Sur la question de l’intégrité territoriale du Maroc, Bellamy a rappelé «la position de la France reconnaissant la marocanité du Sahara», une stance qui s’inscrit «dans le respect du droit international».
De son côté, Pierre Jouvet a qualifié le Maroc de «partenaire géopolitique indispensable pour la France et pour l’Europe», insistant sur la nécessité de consolider davantage les relations entre les deux pays et de préserver les acquis de leur partenariat.