Lors d’une allocution marquante au sein d’une matinée politique organisée par la Convention des Congolais Unis (CCU) ce début août 2026, le leader Lambert Mende Omalanga a livré une analyse sans équivoque de la crise multidimensionnelle qui frappe la République démocratique du Congo. Son discours, teinté d’un réalisme teinté d’humour, a résonné comme un appel à l’unité nationale face à ce que le responsable politique qualifie de menace vitale pour le pays.

Une crise sécuritaire et humanitaire aux racines profondes

Lambert Mende a structuré son intervention autour d’une question lancinante : « De quoi demain sera-t-il fait ? ». Cette interrogation centrale a permis de recentrer le débat sur l’urgence absolue que représente la stabilité de la RDC, particulièrement dans sa partie orientale, déchirée par des décennies de conflits armés.

Le responsable politique a rappelé que les bouleversements géopolitiques internationaux et régionaux depuis 1996 ont profondément influencé la situation congolaise, transformant ce qui était initialement un conflit local en une crise aux dimensions transnationales.

Le Rwanda pointé du doigt comme instigateur de l’instabilité

Dans un style direct et percutant, Lambert Mende a pointé du doigt le Rwanda, accusant Kigali d’être le principal artisan de l’instabilité persistante dans l’Est de la RDC. Selon lui, plusieurs groupes armés actifs dans cette région seraient en réalité des forces supplétives aux mains de l’État rwandais. Il a également évoqué l’évolution des justifications avancées par le président rwandais Paul Kagame, passant de la lutte contre les FDLR à des revendications territoriales jugées inacceptables.

Pour Mende, ces arguments, initialement présentés comme légitimes, ont progressivement révélé une ambition expansionniste incompatible avec la souveraineté territoriale de la RDC.

Un optimisme mesuré face à la pression diplomatique

Malgré l’ampleur des défis, le leader de la CCU a tenu à souligner des signes encourageants. Il a notamment salué la pression diplomatique exercée sur Kigali, citant les sanctions imposées par Washington comme un levier majeur pour contraindre le régime rwandais à revoir sa position. Par ailleurs, il a mis en avant le processus de désarmement volontaire des FDLR, qu’il considère comme une avancée permettant de priver Kigali d’un prétexte à sa présence militaire en territoire congolais.

Dialogue national : des conditions strictes posées par la CCU

Sur la question d’un éventuel Dialogue national inclusif, Lambert Mende a reconnu une convergence croissante entre le pouvoir, l’opposition et la société civile quant à la nécessité de ce forum. Cependant, la CCU a posé des conditions claires : la priorité absolue doit être accordée à la réponse à l’agression rwandaise et au renforcement de la cohésion nationale.

Pour la Convention des Congolais Unis, ce Dialogue doit servir à élaborer des mécanismes de prévention et de protection contre le terrorisme, « où qu’il provienne ». Le leader politique a en revanche exclu la participation de personnalités condamnées par la justice ou sanctionnées par la communauté internationale pour collaboration avec l’agresseur, ainsi que celle des membres des groupes armés alliés au Rwanda qui ne se désolidariseraient pas formellement de cet État.

Réforme constitutionnelle : distinguer l’essentiel de l’accessoire

Lambert Mende a également abordé la réforme constitutionnelle, un sujet qui anime actuellement le débat politique congolais. Il a appelé à distinguer l’adoption d’une loi référendaire de l’organisation effective d’un référendum, rappelant que ce dernier constitue un outil démocratique fondamental. Selon lui, les États ont le droit de moduler leur calendrier institutionnel en période de crise exceptionnelle, citant en exemple les États-Unis lors de crises majeures du XXe siècle ou l’Ukraine en temps de guerre.

Félix Tshisekedi à la présidence jusqu’à la fin de l’agression

Le discours a également porté sur l’avenir politique du président Félix-Antoine Tshisekedi. Pour la CCU, tant que l’agression rwandaise contre la RDC persistera, le chef de l’État doit rester en fonction. Lambert Mende a salué les mesures politiques, militaires et diplomatiques prises par Tshisekedi contre cette agression, le présentant comme le seul dirigeant congolais depuis 1996 à avoir agi avec une telle détermination.

Cette prise de position intervient alors que le débat sur la réforme constitutionnelle et l’avenir institutionnel du pays fait rage au sein de la classe politique congolaise.

Un appel à l’unité nationale et à la résilience

Lambert Mende a conclu son allocution en insistant sur la nécessité pour les Congolais de mettre de côté leurs divergences politiques, jugées secondaires face à l’urgence vitale que représentent la sécurité et la survie de l’État congolais. Il a évoqué l’épidémie d’Ebola qui sévit dans certaines zones frontalières, soulignant l’ampleur des défis humanitaires aggravés par le conflit.

Enfin, il a apporté son soutien à l’initiative du président Tshisekedi visant à sceller une alliance stratégique avec les États-Unis, qu’il présente comme un moyen de renforcer la résilience du peuple congolais et de bâtir une stratégie de puissance face aux menaces extérieures.

« La maison commune brûle », a-t-il martelé, invitant les Congolais à se rassembler autour de la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale. Son message, porteur d’unité et de cohésion, s’est conclu par un vibrant « Que vive la République démocratique du Congo, une et indivisible ! ».

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