Ancien proche collaborateur d’Ousmane Sonko et désormais figure engagée au sein du parti Kiiraay, soutenu par le président Bassirou Diomaye Faye, Lansana Gagny Sakho n’a pas hésité à critiquer sévèrement son ancien mentor. Invité d’une émission matinale, il a expliqué les raisons de sa rupture avec Sonko tout en réaffirmant son attachement aux valeurs républicaines.

S’il a rejoint le projet politique porté par Sonko à ses débuts, c’est en raison des personnalités impliquées, précise-t-il. Après la transition politique, il révèle avoir décliné une offre de poste à la tête du ministère de l’Eau et de l’Assainissement pour préserver ses principes. « J’ai toujours privilégié mes idéaux plutôt que les fonctions. Ce choix m’a permis de préserver mon intégrité », a-t-il confié.
Un désaccord profond sur la vision de la République
Selon Lansana Gagny Sakho, Ousmane Sonko n’a « jamais embrassé la cause républicaine ». Il lui reproche d’avoir fragilisé l’autorité de l’État par des déclarations publiques intempestives, notamment lors de déplacements officiels du président Faye. Ces prises de parole, selon lui, ont créé des tensions inutiles au sommet de l’État, embarrassant gravement le chef de l’exécutif.
Pour l’ancien allié de Sonko, la véritable mission politique réside dans la consolidation des institutions et l’amélioration de leur fonctionnement. Bien qu’il reconnaisse que des défis subsistent des deux côtés, il souligne des progrès notables, en particulier dans le domaine judiciaire.
Les magistrats, des acteurs indépendants selon lui
Lansana Gagny Sakho a également évoqué les remous au ministère de la Justice. L’ancien garde des Sceaux, Ousmane Diagne, avait affirmé devant l’Assemblée nationale qu’aucun pouvoir ne pouvait le manipuler. Pourtant, son remplacement aurait visé à placer un ministre plus malléable pour influencer les décisions judiciaires. « C’était sous-estimer la fermeté des magistrats, qui ne sont pas des pantins », a-t-il martelé. Il rappelle ainsi que la réalité du pouvoir diffère souvent des perceptions depuis l’opposition.