le long séjour de paul biya à l’étranger interroge les camerounais

Ce qui devait être un déplacement ponctuel de quelques jours en Europe s’est transformé en une absence prolongée. Depuis le 7 juin 2026, date à laquelle le président camerounais Paul Biya a quitté le pays avec son épouse, plus de quarante jours se sont écoulés sans qu’il ne réapparaisse sur le sol national. Aucune communication officielle n’a été diffusée pour rassurer la population camerounaise, pourtant en droit de s’interroger sur la situation de leur chef de l’État, réélu pour un nouveau mandat de sept ans en novembre 2025.

Les absences répétées du président camerounais suscitent une impatience croissante

Paul Biya, à la tête du Cameroun depuis plus de quatre décennies, est connu pour ses fréquents séjours à l’étranger, notamment en Suisse, où il séjourne dans des établissements luxueux. Ces absences prolongées alimentent les spéculations sur son état de santé, d’autant plus que le président nonagénaire semble fragilisé par l’âge. Les Camerounais s’interrogent : pourquoi ce refus systématique de se soigner localement, alors que le système de santé national est décrié ? Dans un pays où la santé du président relève du secret d’État, impossible d’obtenir des réponses claires. Les rumeurs s’amplifient, tandis que les autorités peinent à calmer les esprits, comme si la justice devait jouer un rôle de diversion.

Une question revient avec insistance parmi les citoyens et les observateurs : « Qui gouverne réellement le Cameroun en l’absence prolongée de Paul Biya ? » Certains n’hésitent pas à évoquer un « pilotage automatique » du pays, où les décisions seraient prises en l’absence d’un leadership visible. À 93 ans, avec une santé déclinante, comment justifier des absences aussi longues ? Le nouveau septennat, obtenu après une élection controversée, semble déjà marqué par l’absence de son principal acteur. Pourtant, Paul Biya, tel un monarque, semble déterminé à conserver le pouvoir jusqu’à son dernier souffle, refusant toute idée de transition.

Les Camerounais, de plus en plus exaspérés, ne supportent plus ces voyages incessants à l’étranger. Même au sein de la classe politique, l’impatience grandit. Des voix, comme celle du député d’opposition Jean Michel Nintcheu, exigent que le Conseil constitutionnel se prononce sur une éventuelle vacance du pouvoir. La réponse des partisans du régime ne s’est pas fait attendre : « Le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti », a rétorqué le directeur de la propagande du parti au pouvoir.

Une gouvernance figée depuis des années au Cameroun

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