Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko animait un colloque à Dakar, axé sur l’exploration d’alternatives aux approches des institutions de Bretton Woods, rassemblant universitaires et certains économistes aux vues divergentes, la présidence sénégalaise a clarifié la situation. Un communiqué émis depuis Nairobi, ce mardi 12 mai, a affirmé que le président Bassirou Diomaye Faye s’implique directement dans les pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette démarche vise à résoudre une crise économique engendrée par la révélation, en 2024, de passifs financiers non déclarés par l’administration précédente.
Affirmant son leadership sur ce dossier crucial, le président Diomaye Faye a eu un entretien avec Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, en marge du Sommet Africa Forward à Nairobi. Les deux personnalités ont exploré des pistes pour désamorcer les défis liés à l’endettement du Sénégal. Le bureau présidentiel sénégalais a confirmé, via son communiqué, que le chef de l’État et la dirigeante du FMI ont convenu de maintenir le dialogue. Le texte souligne que « le chef de l’État est personnellement dévoué à cette problématique et y consacre toute son énergie ». Les discussions entre le président Faye et Madame Georgieva ont également abordé les stratégies pour atténuer les répercussions économiques des tensions au Moyen-Orient, notamment « l’augmentation du prix de l’énergie et ses conséquences sur l’économie nationale ».
L’année précédente, le Premier ministre Ousmane Sonko avait publiquement exprimé l’opposition du gouvernement sénégalais à une restructuration de la dette exigée par le FMI, qualifiant cette proposition de « honteuse ».
En 2024, le FMI a interrompu un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars suite à la découverte d’inexactitudes dans les rapports initiaux de ses spécialistes. Aujourd’hui, Dakar cherche à obtenir un nouveau plan de financement auprès du Fonds, dans le but de gérer une charge de dette qui excède désormais 130 % de son produit intérieur brut (PIB).
Par ailleurs, le Fonds monétaire international a récemment abaissé ses projections de croissance économique pour le Sénégal pour l’année en cours, anticipant également un déficit du compte courant plus conséquent que ce qui était initialement prévu.