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Un juriste dont les réformes transforment le quotidien des entrepreneurs

Alors que le secteur privé ouest-africain peinait à décoller, un homme a discrètement posé les jalons d’une économie plus dynamique. Bakari Traoré, juriste ivoirien spécialisé en droit des affaires, a consacré sa carrière à moderniser des textes obsolètes, hérités de l’époque coloniale. Ses réformes, impulsées dès les années 1990, ont redéfini les règles du jeu pour des milliers d’entreprises, des PME locales aux grands groupes internationaux. Mais au-delà des textes, c’est toute l’économie régionale qui en a ressenti les effets concrets, avec des conséquences visibles sur les investissements, la création d’emplois et la confiance des acteurs économiques.

Des lois coloniales à l’ère économique moderne : un défi relevé

Dans les années 1990, les courants commerciaux en Afrique de l’Ouest s’appuyaient sur un cadre juridique hérité du xixe et du début du xxe siècle. Les lois régissant les sociétés commerciales dataient de 1867 et 1925, une époque où les besoins des économies locales différaient radicalement de ceux d’aujourd’hui. Bakari Traoré a identifié cette fracture entre le droit et la réalité des affaires. Son intervention a permis de lancer une refonte ambitieuse, d’abord au Bénin, puis étendue à l’ensemble de la région via l’OHADA. Cette mutation a ouvert la voie à une intégration économique plus fluide et à une attractivité accrue pour les capitaux étrangers.

La naissance d’un projet régional aux conséquences immédiates

Le chantier initial, porté par les autorités béninoises, s’est rapidement transformé en une dynamique collective. En harmonisant les règles commerciales entre plusieurs pays, l’OHADA a créé un espace économique plus prévisible pour les investisseurs. Pour les entrepreneurs locaux, cela a signifié moins de bureaucratie, des procédures clarifiées et un accès facilité au financement. Les statistiques ultérieures ont confirmé cette tendance : entre 2000 et 2020, les flux d’investissements directs étrangers dans la région ont augmenté de 300 %, avec une corrélation directe avec l’entrée en vigueur des réformes portées par des juristes comme Bakari Traoré.

Un héritage qui dépasse les frontières : l’effet domino des réformes

L’influence de Bakari Traoré ne s’est pas limitée à un seul pays. En modernisant le droit des affaires, il a aussi inspiré des législateurs au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Togo. Ces réformes ont permis à des milliers de TPE et PME de formaliser leur activité, boostant ainsi leur croissance. Par exemple, au Burkina Faso, le nombre d’entreprises enregistrées a doublé en dix ans, tandis qu’au Sénégal, le secteur informel s’est progressivement structuré. Les conséquences sont multiples : meilleure accessibilité au crédit, réduction des litiges commerciaux et émergence de nouveaux secteurs économiques.

L’impact sur les citoyens : plus d’emplois et de stabilité

Pour les citoyens, les retombées sont tangibles. La formalisation des entreprises a créé des centaines de milliers d’emplois, surtout dans les services, l’artisanat et l’agro-industrie. Les jeunes diplômés, souvent confrontés au chômage, ont trouvé des opportunités dans des start-up et des PME dynamiques. Par ailleurs, la stabilité juridique accrue a réduit les risques pour les investisseurs, attirant des projets d’infrastructure et d’industries créatives. Dans des pays comme le Niger ou le Mali, où l’économie repose en partie sur l’agriculture et les mines, ces réformes ont permis aux acteurs locaux de négocier des contrats plus équilibrés avec les multinationales, améliorant ainsi les retombées économiques pour les populations.

Un modèle à suivre pour l’Afrique : les enseignements des réformes Traoré

Le parcours de Bakari Traoré illustre comment une réforme juridique bien pensée peut transformer durablement une région. Son approche, mêlant expertise technique et vision long terme, sert aujourd’hui de référence pour d’autres initiatives en Afrique centrale et de l’Est. Les pays comme le Gabon ou la RDC s’inspirent de l’OHADA pour moderniser leur propre cadre des affaires. À l’heure où l’Afrique cherche à accélérer son industrialisation, les réformes de Traoré rappellent une évidence : l’économie ne se décrète pas, mais se construit par des règles claires et stables. Reste à savoir comment pérenniser cet héritage pour les prochaines générations d’entrepreneurs.

By Joseph Ngu

Analyste