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Maroc et Algérie : le Mali, nouvelle arène de leur rivalité

L’escalade récente des attaques du JNIM-FLA dans le Sahel met en lumière les stratégies indirectes de l’Algérie au Mali. Derrière son rôle affiché de médiateur, Alger joue un rôle actif dans les tensions maliennes, entretenues par une politique de « guerre contrôlée ».

photo de Soufiane Chahid
Par Soufiane Chahid
dernière mise à jour récente 7 min de lecture
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Depuis plusieurs mois, les groupes armés affiliés au JNIM multiplient les offensives dans le centre du Mali, ciblant principalement les positions des forces maliennes et leurs alliés internationaux. Ces attaques, d’une intensité inédite, surviennent dans un contexte où les relations diplomatiques entre Alger et Bamako se tendent.

L’Algérie, souvent présentée comme un acteur neutre dans la crise sahélienne, est pourtant accusée par plusieurs observateurs de soutenir indirectement les factions djihadistes via des réseaux logistiques et des canaux de financement opaques. Cette stratégie, qualifiée de « tension contrôlée », permet à Alger de maintenir une pression constante sur le gouvernement malien, tout en évitant une intervention directe.

Le Maroc, acteur clé dans la réponse malienne

Face à cette situation, le Maroc a renforcé sa coopération sécuritaire avec le Mali, proposant des formations militaires et un appui logistique aux forces locales. Rabat mise sur une approche différente, privilégiant des partenariats bilatéraux solides plutôt qu’une ingérence dans les affaires internes maliennes.

Cette rivalité entre les deux pays maghrébins se joue désormais sur le terrain malien, où chaque camp cherche à étendre son influence. Pour le Maroc, il s’agit de consolider sa position en Afrique subsaharienne, tandis que l’Algérie tente de préserver son rôle historique dans la région.

Un équilibre précaire dans le Sahel

La situation au Mali illustre les nouvelles formes de confrontation géopolitique en Afrique de l’Ouest. Entre soutien discret aux groupes armés, coopération sécuritaire renforcée et diplomatie parallèle, les pays voisins redéfinissent leurs stratégies pour peser sur l’avenir de la région.

Alors que la communauté internationale peine à stabiliser le Sahel, cette guerre par procuration entre le Maroc et l’Algérie ajoute une couche supplémentaire de complexité à un conflit déjà profondément ancré.