Dans l’effervescence du nouveau marché de Médine à Bamako, Adama Konaté incarne l’esprit entrepreneurial malien. Ce commerçant ne se limite pas à vendre des bicyclettes importées d’Europe et d’Amérique : il les assemble, les répare et propose des modèles variés à sa clientèle. Un savoir-faire qui répond à une demande croissante, notamment en période de tensions économiques.

Sur la place «Diguèbakonona», un véritable carrefour commercial, Adama Konaté étend son activité bien au-delà des deux-roues. Accessoires automobiles et équipements agricoles, souvent introuvables ailleurs dans la capitale, y trouvent aussi leur place. Un choix stratégique qui attire une clientèle diverse, des particuliers aux professionnels du secteur agricole.

À quelques pas, Drissa Traoré, artisan installé depuis un an, confirme l’attractivité du marché. «Je fabrique sur place des fourneaux, des coffrets pour trousseaux de mariée, des fours et des broyeurs d’arachide. Depuis mon arrivée ici, mes revenus me permettent de vivre décemment», confie-t-il. Il encourage d’ailleurs les jeunes à se former et à s’investir dans des métiers manuels pour saisir les opportunités offertes par ce dynamisme économique.

Fousseyni Sangaré, spécialisé dans les équipements agricoles, observe une saison des pluies particulière cette année. «Les agriculteurs viennent s’approvisionner en charrues, dabas et autres outils de labour avant les semailles. Malgré les défis logistiques liés à l’insécurité dans certaines zones, nous maintenons notre activité grâce à la fidélité de nos clients, même si leur pouvoir d’achat a diminué», explique-t-il. La plupart de ses produits proviennent de Koutiala, un pôle agricole majeur du Mali.

Adama Konaté, présent depuis 27 ans dans le secteur, souligne l’impact de la crise des carburants sur son activité. «Les prix des vélos et des pièces détachées varient selon les modèles, mais la demande reste forte. Le marché de Médine est devenu un lieu incontournable pour qui cherche qualité et diversité à Bamako», résume-t-il. Une preuve que, même dans un contexte économique difficile, l’ingéniosité et le travail acharné des artisans maliens continuent de façonner l’avenir du pays.