Des soldats tchadiens patrouillent en bateau sur le lac Tchad depuis une base militaire située dans la province du Lac, le 6 mai 2026.

Le gouvernement du Tchad a fermement réfuté les accusations portant sur la mort de civils lors d’opérations militaires aériennes. Gassim Chérif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole officiel, a dénoncé des allégations visant à discréditer l’armée nationale. Il a réaffirmé que les forces tchadiennes agissent avec professionnalisme en tant que rempart contre le terrorisme dans le bassin du lac Tchad et la région du Sahel.

Cette mise au point fait suite à l’appel de Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui a réclamé l’ouverture d’enquêtes indépendantes. Selon l’organisation internationale, des bombardements attribués aux armées du Nigeria et du Tchad auraient causé des dizaines de victimes civiles dans le nord-est du Nigeria. Volker Türk a insisté sur la nécessité pour les deux nations de mener des investigations rapides, exhaustives et impartiales sur ces événements préoccupants.

De son côté, le commandement militaire nigérian a précisé que ses frappes visaient une installation terroriste confirmée, occupée uniquement par des groupes armés non étatiques représentant un danger direct pour les populations locales.

N’Djamena prône une démarche de transparence

Le porte-parole tchadien, Gassim Chérif Mahamat, a assuré que les autorités de N’Djamena sont prêtes à faire toute la lumière sur ces incidents. Tout en dénonçant les agissements de Boko Haram qui terrorisent les habitants et fragilisent la cohabitation sociale, il a souligné que le Tchad dispose d’une justice indépendante capable de mener des enquêtes transparentes.

Volker Türk a par ailleurs rappelé aux forces armées de la région l’obligation de prendre toutes les mesures de précaution nécessaires pour épargner les non-combattants. Il a insisté sur le fait que les opérations de lutte contre l’insurrection doivent impérativement respecter le droit international humanitaire, rappelant que les civils ne doivent en aucun cas être pris pour cibles.

La zone du lac Tchad, vaste étendue marécageuse située aux confins du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, est devenue depuis 2009 un sanctuaire pour les groupes extrémistes. Elle abrite notamment des cellules de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), rendant la situation sécuritaire particulièrement complexe pour les armées régulières.