Une nouvelle attaque jihadiste a frappé l’aéroport international de Niamey, ce jeudi 18 juin, faisant au moins treize morts. Selon le ministère nigérien de la Défense, onze militaires et deux civils ont perdu la vie, tandis que quatre autres personnes ont été blessées. Les assaillants, dont certains portaient des ceintures explosives, ont tenté de pénétrer dans l’aérogare, mais les forces de sécurité ont rapidement réagi, empêchant une incursion plus grave.

Le bilan provisoire communiqué à la télévision nationale fait également état de 22 jihadistes neutralisés et d’une vingtaine de suspects arrêtés. Une vaste opération de ratissage est en cours dans les quartiers environnants, où certains agresseurs auraient tenté de se disperser. L’aéroport, désormais sécurisé, reste ouvert au trafic aérien, bien que plusieurs vols aient été détournés ou retardés, selon le site Flightradar.

Un site stratégique sous haute tension

Cet assaut intervient moins de six mois après une première attaque d’envergure, le 29 janvier dernier, qui avait ciblé le même aéroport et la base militaire attenante. Cette précédente offensive, repoussée par l’armée nigérienne appuyée par des partenaires russes, avait fait quatre blessés et causé d’importants dégâts matériels. La zone est particulièrement sensible : entre décembre et janvier, une cargaison de concentré d’uranium y avait été stockée en attente d’exportation, sans mouvement signalé depuis.

Les autorités avaient depuis renforcé les mesures de sécurité : allongement du mur d’enceinte, installation de plus de 350 caméras à l’intérieur et à l’extérieur de l’aéroport, et destruction de quartiers alentour. Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu du coup d’État de juillet 2023, avait reconnu une faille dans le dispositif après l’attaque de janvier, affirmant que l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes de l’armée.

Selon des résidents, les premiers tirs ont été entendus vers 6 heures du matin (05h GMT), pendant au moins deux heures, près d’un poste de contrôle sur la route d’accès. Les assaillants seraient arrivés à bord de taxis, avant de se heurter à une résistance farouche des forces de sécurité. Le calme était revenu vers 10 heures, et des ratissages étaient en cours pour retrouver les fuyards.