Nouvelle arrestation au Niger : un militant de la société civile écroué pour son opposition à la junte
L’activiste Nassirou Bodo a été incarcéré à la maison d’arrêt de Niamey après une présentation devant le parquet, confirmant ainsi son placement sous mandat de dépôt. Cette détention fait suite à une garde-à-vue prolongée dans les locaux de la police nationale.
Une figure de la contestation derrière les barreaux
Kaka Touda, membre influent de la société civile nigérienne, a relayé sur les réseaux sociaux l’arrestation de Nassirou Bodo, bien que les raisons précises de son incarcération n’aient pas été détaillées publiquement. Les autorités judiciaires n’ont pas communiqué officiellement sur les motifs de cette détention.
Une mise en cause pour trouble à l’ordre public
Selon les informations rapportées par la presse privée locale, Nassirou Bodo est poursuivi pour « diffusion de données susceptibles de perturber l’ordre public ». Cette accusation intervient dans un contexte où les autorités nigériennes serrent la vis sur les voix dissidentes.
Quelques jours avant son arrestation, l’activiste avait appelé sur les réseaux sociaux à des mouvements de protestation contre ce qu’il qualifie de violences étatiques. Dans un message viral, il dénonçait notamment l’insécurité persistante dans plusieurs régions et les expulsions forcées, comme celle des habitants de l’emprise de l’aéroport de Niamey après l’attaque terroriste du 29 janvier, revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS).
Les autorités justifient ces expulsions par la nécessité de prévenir les risques terroristes, affirmant que les constructions concernées étaient illégales.
Un pays sous haute tension sécuritaire
Le Niger fait face à une recrudescence des violences perpétrées par des groupes armés jihadistes, affiliés notamment à Al-Qaïda et à l’État islamique. Cette insécurité chronique a poussé les militaires au pouvoir à renforcer leur contrôle sur les institutions et les médias.
Depuis juillet 2023, plusieurs journalistes et militants ont été interpellés, emprisonnés, voire condamnés pour des motifs variés : diffamation, atteinte à la sécurité nationale ou complot contre l’État. Selon les dernières données disponibles, treize professionnels des médias ont été arrêtés en 2025, dont trois ont été libérés en mai après plusieurs mois de détention. Cinq autres restent derrière les barreaux, selon les associations locales de défense de la liberté de la presse.
Parmi les détenus les plus connus figure Moussa Tchangari, une personnalité majeure de la société civile nigérienne. Incarcéré depuis décembre 2024, il est poursuivi pour apologie du terrorisme et atteinte à la sûreté de l’État.