Jean-Michel Nintcheu exige la reconnaissance d’une vacance au sommet de l’État camerounais
Le député camerounais Jean-Michel Nintcheu a interpellé officiellement le Conseil constitutionnel pour qu’il constate formellement la vacance du pouvoir au Cameroun, alors que le président Paul Biya dépasse désormais les 40 jours d’absence du territoire national.
L’opposant, figure politique de premier plan, a lancé cet appel depuis sa page Facebook le 17 juillet dernier. Dans son message, il réaffirme avec fermeté que « le Conseil constitutionnel doit constater la vacance au sommet de l’État ». Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où l’absence prolongée du chef de l’État, parti en Suisse le 7 juin pour un séjour privé, nourrit les interrogations sur sa capacité à exercer ses fonctions.
Absence prolongée du président Biya : la majorité au pouvoir tente de rassurer
Face à cette demande, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, tente de minimiser la situation. Christophe Mien Zok, responsable de la communication du parti, a tenu à rappeler que « le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti ». Une formule choc qui vise à apaiser les craintes d’un vide institutionnel.
Malgré cette déclaration, l’opinion publique camerounaise reste divisée. Certains y voient une simple absence prolongée sans conséquence, tandis que d’autres s’inquiètent de l’impact d’un pouvoir affaibli sur la stabilité du pays. Le président Biya, âgé de 93 ans, continue cependant d’exercer ses fonctions à distance : il signe régulièrement des actes officiels, comme en témoignent ses messages de félicitations adressés à des homologues étrangers, dont le président français Emmanuel Macron pour le 14 juillet.
Cette situation relance le débat sur les mécanismes constitutionnels en cas de vacance du pouvoir, un sujet qui divise profondément la classe politique camerounaise. La demande de Jean-Michel Nintcheu pourrait ainsi marquer un tournant dans la gestion de cette crise institutionnelle.