Le Parlement du Sénégal a récemment adopté une loi révolutionnaire exigeant des plus hautes autorités de l’État une déclaration de patrimoine en fin de mandat. Ce texte s’ajoute à l’obligation déjà existante de déclaration en début de mandat. Proposée par la majorité parlementaire Pastef, cette mesure soulève plusieurs questions : son application est-elle immédiate pour les dirigeants actuels ? Et surtout, sera-t-elle promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye ?

Une double déclaration de patrimoine : un outil de transparence accru

Cette innovation législative impose désormais aux plus hautes autorités sénégalaises de rendre publiques leurs déclarations de patrimoine à deux moments clés de leur carrière : au début et à la fin de leur mandat. Une avancée significative dans la lutte contre les conflits d’intérêts et la corruption.

L’objectif affiché est double : renforcer la transparence des institutions et garantir une meilleure responsabilité des dirigeants. Cette mesure s’inscrit dans un contexte où la demande de gouvernance irréprochable n’a jamais été aussi forte parmi les citoyens.

Une loi issue d’un projet de révision constitutionnelle controversé

Cette disposition faisait initialement partie d’un projet de révision constitutionnelle, mais a été censurée par le Conseil constitutionnel. Son adoption sous forme de loi ordinaire marque une étape importante pour le gouvernement actuel.

Les députés ont approuvé ce texte le 17 août 2026, un vote qui témoigne de la volonté de la majorité de concrétiser ses engagements en matière de bonne gouvernance.

Des questions persistantes sur son application

Plusieurs interrogations subsistent quant à l’application de cette loi. Les trois hautes autorités actuellement en fonction seront-elles concernées ? La loi est-elle rétroactive ou ne s’applique-t-elle qu’aux futurs mandats ? Ces questions sont au cœur des débats politiques et juridiques au Sénégal.

Par ailleurs, l’adoption de cette mesure soulève des enjeux pratiques : comment garantir l’indépendance des contrôles ? Quels mécanismes de sanction en cas de non-respect ? Autant de détails qui devront être précisés par les textes d’application.

Une chose est sûre : cette loi pourrait bien marquer un tournant dans la relation entre les citoyens et leurs dirigeants, en instaurant une culture de la redevabilité plus forte.

Les députés sénégalais lors de l'adoption de la loi sur la double déclaration de patrimoine