Un diagnostic révélateur des faiblesses structurelles du secteur public

Le Premier ministre Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme jeudi lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures. Selon le rapport présenté, 245 projets de construction sont actuellement à l’arrêt ou partiellement réalisés, représentant un investissement public de 279 milliards de francs CFA.

Ces actifs dormants, comme les qualifie le chef du gouvernement, englobent des infrastructures achevées mais non exploitées, ainsi que des chantiers inachevés. Le diagnostic technique mené par les ministères concernés a permis d’identifier les causes profondes de ces blocages, révélant des lacunes financières, administratives et techniques.

Les ressources financières, principale source des blocages

Parmi les raisons évoquées, le manque de moyens financiers se positionne comme le facteur dominant. Ousmane Sonko a souligné que ce déficit de financement a directement contribué à l’abandon ou au ralentissement de nombreux projets. D’autres obstacles, comme des problèmes techniques ou des retards administratifs, ont également été pointés du doigt.

Le Premier ministre a rappelé l’importance de finaliser l’inventaire des infrastructures concernées. Il a ordonné la création d’un comité dédié au sein de la Primature pour superviser ce travail et éviter toute omission. Une demande de complément d’enquête a été formulée afin d’obtenir une vision exhaustive de la situation.

Pour éviter de futures complications, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de prévoir dès la conception les modalités de raccordement des réseaux hydrauliques et électriques. Une anticipation qui permettrait d’éviter des retards coûteux lors de la phase de mise en service.

Des pertes colossales et une tolérance zéro annoncée

Le chef du gouvernement a dénoncé les pertes économiques importantes engendrées par ces blocages. Pour lui, la construction d’infrastructures ne doit pas se limiter à leur édification, mais doit aussi intégrer leur exploitation future. Une négligence dans cette approche a, selon lui, contribué aux retards observés.

Ousmane Sonko a pointé du doigt des comportements inacceptables : « La roublardise, la négligence et le laxisme sont à l’origine des retards de livraison et des défaillances ». Il a appelé à une tolérance zéro face à ces pratiques, exigeant des responsables une rigueur accrue dans la gestion des projets publics.

Le Premier ministre a conclu en insistant sur la nécessité de réduire au maximum les actifs dormants. Pour y parvenir, il a annoncé deux mesures clés : la création du comité de suivi et un appel à une transparence totale dans l’évaluation des projets en cours.