Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les autorités de la République démocratique du Congo ont officialisé un renforcement de leur collaboration visant à améliorer les conditions de vie des détenus et à soutenir l’action humanitaire sur l’ensemble du territoire congolais. Cette avancée majeure a été actée lors d’une rencontre entre François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC, et Guillaume Ngefa Atondoko Andali, Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux.

Un bilan positif et des perspectives ambitieuses

Cette entrevue, qui a également servi de point d’étape après plusieurs années de coopération, a mis en lumière les résultats concrets obtenus grâce à ce partenariat. Les deux parties ont salué la qualité du dialogue maintenu et l’efficacité des actions menées conjointement, en particulier dans les provinces de l’Est de la RDC où les besoins humanitaires restent critiques.

François Moreillon a tenu à souligner « la solidité du lien qui unit le CICR et le ministère de la Justice congolais ». « Mon passage au ministère était avant tout l’occasion de remercier M. le Ministre pour son engagement indéfectible aux côtés de notre institution. Mais c’était aussi le moment idéal pour dresser un bilan de notre mission et identifier les pistes d’amélioration pour les années à venir. Les trois années passées ici m’ont permis de constater des progrès significatifs, notamment en matière de conditions de détention, même si le chemin à parcourir reste long, surtout dans les zones affectées par les conflits », a-t-il déclaré.

Des défis majeurs à relever ensemble

Les discussions ont porté sur plusieurs enjeux cruciaux, dont :

  • Le financement des établissements pénitentiaires, souvent sous-dimensionnés face à l’afflux croissant de détenus ;
  • La qualité de l’alimentation fournie aux prisonniers, un sujet récurrent dans les rapports humanitaires ;
  • L’accès à des soins médicaux adaptés pour les personnes incarcérées ;
  • Le respect des garanties judiciaires et des droits fondamentaux des détenus.

François Moreillon a réaffirmé l’engagement du CICR à poursuivre son soutien au gouvernement congolais pour trouver des solutions durables à ces problèmes. « Nous avons noté une montée en puissance de nos actions communes ces derniers mois. Les nouvelles ambitions portées par le ministère de la Justice laissent entrevoir des avancées significatives pour les détenus et pour le respect du droit international humanitaire », a-t-il ajouté.

Le chef de la délégation du CICR a également tenu à saluer « la résilience des populations congolaises », en particulier celles de l’Est du pays, qui subissent depuis des décennies les conséquences des conflits armés. « Notre mission ne se limite pas à un simple accompagnement : elle vise à restaurer la dignité et l’espoir pour des milliers de personnes » a-t-il précisé.

Une mission humanitaire toujours aussi cruciale

Présent en RDC depuis 1978, le CICR intervient dans le pays pour :

  • Protéger les civils et les personnes détenues dans le cadre des conflits armés ;
  • Favoriser le respect du droit international humanitaire ;
  • Faciliter la libération et le transfert de détenus entre les parties belligérantes ;
  • Soutenir les structures médicales et les programmes de réinsertion.

Parmi les opérations récentes marquantes, le CICR a joué un rôle clé dans le transfert de plus de 1 300 personnes (combattants et leurs familles) entre Goma et Kinshasa, une opération humanitaire d’envergure couvrant près de 2 000 kilomètres à travers des zones de front. Cette mission, menée à la demande des autorités congolaises et de la MONUSCO, a mis en lumière le rôle neutre et impartial du CICR dans la médiation entre les parties au conflit.

Alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC reste précaire, cette collaboration renforcée entre la RDC et le CICR représente une lueur d’espoir pour des milliers de détenus et de familles affectées par les violences. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leurs efforts conjoints pour améliorer le quotidien des populations les plus vulnérables.