Depuis plusieurs mois, la ville de Ségou, nichée en plein centre du Mali, subit une crise persistante de carburant. Les habitants et les acteurs économiques paient le prix fort de cette situation, entre ruptures de stock, flambée des prix et apparition d’un marché noir florissant.
Des livraisons de carburant trop espacées
Ségou, située à plus de 200 kilomètres de la capitale Bamako, dépend entièrement des rares convois de carburant sécurisés par les Forces armées maliennes (FAMa). Ces rotations, souvent réduites à deux ou trois par mois, sont dictées par l’insécurité grandissante dans la région. Chaque livraison voit débarquer une dizaine de camions-citernes, mais la majeure partie du précieux liquide est immédiatement acheminée vers les unités industrielles ou la société Énergie du Mali (EDM). Résultat : seules trois ou quatre citernes sont réservées aux stations-service locales, dont les réserves s’épuisent en moins de 48 heures.
Le marché noir, terreau de profits illicites
Dès que les pompes sont à sec, les vendeurs ambulants s’engouffrent dans la brèche. Dans les quartiers de Ségou, le litre d’essence se négocie entre 2 000 et 5 000 francs CFA, soit bien au-delà des tarifs officiels. Les habitants s’interrogent sur l’origine de ce carburant vendu en plein jour. Beaucoup dénoncent une spéculation éhontée, rendue possible par l’absence de contrôles suffisants et la vulnérabilité économique des citoyens.
Une économie au ralenti et des transports paralysés
Les répercussions de cette pénurie se font sentir sur tous les plans. Les tricycles, surnommés « katakatani », voient leurs tarifs doubler, passant de 100 à 200 francs CFA par trajet. Cette hausse aggrave les difficultés de déplacement pour les élèves, les travailleurs et les commerçants. Les axes routiers de la ville sont désormais sous haute surveillance : les FAMa multiplient les patrouilles pour intercepter les véhicules transportant des quantités suspectes de carburant. Pourtant, malgré ces efforts, la crise persiste et mine un peu plus chaque jour l’économie locale.
Les riverains espèrent une solution durable, capable de rétablir un approvisionnement régulier et de mettre fin à cette situation qui étouffe Ségou.