Politique

pouvoir camerounais : une vacance est-elle possible ?

Dans son analyse politique diffusée ce lundi 21 juillet 2026 à travers les ondes de la Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM Yaoundé et Bafang), Éric Boniface Tchouakeu s’interroge sur l’absence prolongée du président camerounais à l’étranger.

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Un séjour privé prolongé en Europe interroge l’opinion

Le président Paul Biya a quitté le Cameroun le 7 juin 2026, officiellement pour un « court séjour privé » en Europe, comme l’a annoncé son Directeur de Cabinet, Samuel Mvondo Ayolo.

Les médias panafricains ont révélé que le chef de l’État camerounais séjourne à Genève, en Suisse, où il a ses habitudes depuis son arrivée au pouvoir le 6 novembre 1982.

Ce déplacement, présenté initialement comme temporaire, se prolonge indéfiniment, alimentant les spéculations sur l’état de santé du président, âgé de 93 ans. Malgré les démentis officiels, certains observateurs évoquent même la possibilité d’une vacance du pouvoir.

La vacance du pouvoir : une notion encadrée par la constitution

Contrairement à une idée reçue, le séjour prolongé d’un président à l’étranger ne suffit pas à établir une vacance du pouvoir au Cameroun. La loi fondamentale ne fixe aucune limite de durée pour ces déplacements.

Selon l’article 7 de la constitution camerounaise, la vacance du pouvoir ne peut être constatée que dans trois cas précis : décès, démission ou empêchement définitif du président en fonction.

Or, la notion d’empêchement définitif n’est pas clairement définie par la loi, laissant planer une ambiguïté sur les conditions de son application.

Ainsi, le simple fait que le président Biya réside à l’étranger ne permet pas de conclure à une vacance du pouvoir. La constitution camerounaise autorise même un président à diriger le pays à distance pendant toute la durée de son mandat, sans contrevenir à la loi.

Une question d’éthique politique plutôt que de légalité

Le débat porte davantage sur la morale politique que sur la légalité. La lenteur dans la formation du gouvernement après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ainsi que l’absence de nomination d’un vice-président malgré la réforme institutionnelle rapide, pourraient expliquer l’attention accrue portée au nombre de jours passés par le président à l’étranger.

En effet, en plus de quatre décennies au pouvoir, Paul Biya n’a jamais signé de décret majeur depuis l’étranger, ce qui renforce les interrogations sur la gestion actuelle du pouvoir.