(260520) -- YAOUNDE, May 20, 2026 (Xinhua) -- Cameroonian President Paul Biya (3rd R) watch a civilian parade during the National Day celebrations in Yaounde, Cameroon, on May 20, 2026. Cameroon on Wednesday marked the 54th anniversary of its National Day with military and civilian parades held across the country. (Xinhua/Kepseu)

Le Cameroun dirigé depuis Genève ? L’absence prolongée du président Paul Biya suscite l’inquiétude

Depuis plus de soixante-cinq jours, le Cameroun est sans son président. Paul Biya, en Suisse depuis le 7 juin, n’a pas foulé le sol camerounais. Une situation qui interroge sur la gestion du pays et alimente les spéculations.

La Suisse, et plus précisément Genève, semble désormais incarner le cœur battant du pouvoir camerounais. Depuis le 7 juin, le président Paul Biya, au pouvoir depuis quarante-trois ans, n’a pas quitté le territoire helvète. Une absence qui s’étire depuis plus de deux mois, une première pour un dirigeant camerounais.

L’absence prolongée du chef de l’État suscite des interrogations croissantes. Faute de voir ou d’entendre le président, certains Camerounais s’interrogent : est-il toujours en vie ? D’autres s’inquiètent de la gestion du pays à distance, alors que les décrets présidentiels continuent de pleuvoir sans que son état de santé ne soit confirmé.

Un pouvoir à distance : une première pour le Cameroun

Jamais un président camerounais n’avait été aussi longtemps absent du sol national. Depuis Genève, Paul Biya signe des décrets, mais son absence physique alimente les spéculations. Les opposants y voient une preuve de son incapacité à gouverner, tandis que le gouvernement assure que tout fonctionne normalement.

Les Camerounais, habitués à un président omniprésent, s’interrogent. Les réseaux sociaux bruissent de rumeurs. « Où est le président ?», « Qui prend vraiment les décisions ? » sont devenus des questions récurrentes. Les silences officiels ne font qu’attiser les doutes.

Les conséquences d’une absence prolongée

Cette situation inédite pose plusieurs défis. D’abord, la gestion quotidienne du pays. Les ministères, les gouverneurs et les administrations doivent s’adapter à une gouvernance à distance, où les instructions parviennent sans que l’on sache toujours qui les valide vraiment.

Ensuite, la question de la succession. Avec un président âgé de plus de quatre-vingts ans, les spéculations sur son remplacement s’intensifient. L’opposition réclame des clarifications, tandis que le gouvernement minimise les risques.

Enfin, la crédibilité internationale du Cameroun est en jeu. Comment expliquer à ses partenaires que le pouvoir s’exerce depuis un pays étranger sans que rien ne transparaisse ?

Les réactions de l’opposition et de la société civile

Les partis d’opposition ne manquent pas de critiquer cette absence. « Un président qui ne gouverne plus est un président qui abdique», déclarent certains leaders. La société civile, quant à elle, s’inquiète de l’opacité entourant la santé du chef de l’État.

Les appels à plus de transparence se multiplient. Mais pour l’instant, le silence officiel reste de mise. Paul Biya, depuis Genève, continue de signer des décrets, sans que personne ne puisse confirmer s’il est en mesure d’assumer pleinement ses fonctions.