Sonko lance un appel urgent pour débloquer 62 infrastructures stratégiques

Lors d’un conseil interministériel décisif organisé à Dakar, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme sur l’état des infrastructures publiques en cours de réalisation dans tout le pays. L’objectif affiché est clair : accélérer leur achèvement et leur mise en service pour répondre aux besoins urgents des citoyens.

Le chef du gouvernement a pointé du doigt les multiples blocages d’ordre administratif, financier et technique qui paralysent plusieurs chantiers majeurs. Ces retards, selon lui, compromettent non seulement la modernisation du pays, mais aussi son développement économique et social. Une mobilisation sans précédent s’impose pour lever ces obstacles et permettre aux Sénégalais de bénéficier rapidement de ces équipements.

Infrastructures maritimes et portuaires : une priorité économique

Parmi les dossiers prioritaires, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’accélérer les projets liés au secteur maritime et portuaire. Il a particulièrement sollicité la ministre des Pêches et de l’Économie maritime pour qu’elle mette en place toutes les mesures nécessaires à leur exploitation optimale. L’accent a été mis sur les partenariats public-privé comme levier essentiel pour garantir une gestion efficace et pérenne de ces infrastructures stratégiques.

Les sites concernés incluent notamment le port de Foundiougne-Ndakhonga, le quai de pêche de Ndangane Sambou, le point de débarquement aménagé de Soumbédioune ainsi que les installations de transformation de Rufisque. Les dragues de l’Agence nationale des affaires maritimes, basées dans les régions de Kaolack et Fatick, sont également dans le viseur pour une remise en service rapide.

62 projets en souffrance : un inventaire sans précédent

Le gouvernement a dressé un bilan alarmant : 62 projets d’infrastructures sont actuellement bloqués, parmi lesquels figurent des équipements majeurs pour l’éducation, la santé, les transports et l’agriculture. Parmi les réalisations en attente, on retrouve notamment l’Université du Sine-Saloum El Hadj Ibrahima Niass, les espaces numériques ouverts, les aéroports régionaux de Saint-Louis, Matam et Kolda, ainsi que le terminal à conteneurs du port de Ndayane.

Les infrastructures sanitaires ne sont pas en reste, avec la reconstruction de l’hôpital Aristide-Le-Dantec à Dakar, qui fait partie des chantiers prioritaires. Pour y parvenir, un comité dédié sera mis en place afin de superviser le suivi des décisions et d’engager les mesures financières, administratives et juridiques nécessaires à leur relance.

Une vision intégrée pour des infrastructures durables et rentables

Au-delà de l’achèvement des projets, Ousmane Sonko a rappelé l’importance d’intégrer les réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunications dans la planification des infrastructures publiques. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la maintenance des équipements techniques et de garantir une exploitation durable des réalisations.

Le Premier ministre a fixé une échéance précise pour les maisons de la jeunesse et de la citoyenneté en construction dans plusieurs localités, dont Tivaouane, Mbour, Linguère, Ranérou, Bambey, Diourbel, Kaolack et Tambacounda. Ces infrastructures devront être entièrement équipées et opérationnelles au plus tard le 30 novembre 2026.

Agriculture et agro-industrie : des modèles d’exploitation innovants

Les fermes villageoises “Naatangué” et plusieurs agropoles en développement à Mpal, Adéane, Dioulacolon et Mbellacadiao ont également été passées au crible. Ousmane Sonko a demandé aux ministères compétents de collaborer avec des partenaires privés pour concevoir des modèles d’exploitation durables. L’objectif ? Assurer non seulement la rentabilité économique de ces infrastructures, mais aussi leur utilité sociale pour les populations locales.

Valorisation du patrimoine public : des solutions innovantes

Pour maximiser l’impact des infrastructures existantes, le Premier ministre a évoqué différentes options de valorisation. Parmi elles, la location, les concessions de longue durée, les baux emphytéotiques ou encore des partenariats public-privé. Ces mécanismes visent à mobiliser de nouveaux investissements et à optimiser l’utilisation des actifs publics.

Les stades nationaux, les infrastructures sportives, les parcs nationaux, les réserves naturelles et même le patrimoine immobilier des missions diplomatiques sénégalaises à l’étranger ont été abordés lors de cette réunion. Enfin, Ousmane Sonko a demandé aux structures publiques de proposer des solutions pour recycler et valoriser les actifs immobiliers et fonciers de l’État, y compris ceux des armées, afin de les exploiter au mieux au service de l’intérêt national.