RDC : les soignants en première ligne contre Ebola réclament leur dû

Infirmières soignant un patient dans un centre de traitement Ebola en RDC

Le Conseil international des infirmières (CII) a interpellé les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) pour exiger la rémunération immédiate des professionnels de santé engagés dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Selon l’organisation, cette crise sanitaire, déclarée en mai, illustre les lacunes criantes du système de santé congolais, marqué par un manque chronique de financements et de moyens.

« Sans une rémunération équitable des soignants, la lutte contre Ebola est vouée à l’échec », a alerté Howard Catton, directeur général du CII. L’organisation, qui représente plus de 140 associations d’infirmières et 30 millions de professionnels dans le monde, a souligné que ces travailleurs de première ligne risquent leur vie quotidiennement, souvent sans être payés depuis des mois.

Des salaires impayés et des conditions de travail précaires

Dans un courrier adressé au ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, le CII a exigé le versement immédiat des salaires et indemnités en retard. Les infirmières et autres professionnels en première ligne auraient, selon l’organisation, accumulé deux à trois mois de retard de paiement. « Ces femmes et hommes exposent leur vie pour protéger les communautés, mais leur engagement n’est pas reconnu à sa juste valeur », a dénoncé M. Catton.

Au-delà des impayés, le CII réclame des garanties pour l’avenir : paiements réguliers, fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI), assurances, et indemnités pour couvrir les risques encourus. « Un leadership politique fort est indispensable. Nous exigeons des actions concrètes : paiement des dus, régularité des salaires, et protection renforcée », a-t-il insisté.

Une épidémie d’Ebola parmi les plus dévastatrices de l’histoire

Trois mois après le début de la flambée, la RDC déplore plus de 2 100 morts et 4 500 cas confirmés. Ces chiffres, déjà alarmants, dépassent largement ceux enregistrés lors des trois premiers mois de l’épidémie en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. « Nous faisons face à la deuxième plus grande épidémie d’Ebola jamais recensée, et sa progression est plus rapide que toutes les précédentes », a averti Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le variant Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle, ne dispose toujours pas de vaccin ni de traitement spécifique. En attendant, l’OMS plaide pour l’organisation d’un essai clinique avec le vaccin Ervebo, déjà homologué contre la souche Zaïre du virus.

Un financement insuffisant pour enrayer la propagation

Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan de riposte, seulement 264 millions ont été mobilisés, selon l’OMS. « Les ressources disponibles sont insuffisantes face à l’ampleur de la crise », a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus. La RDC, l’un des pays les plus pauvres au monde, peine à mobiliser les fonds indispensables pour renforcer ses structures sanitaires.

La situation rappelle l’épidémie dévastatrice de 2018-2020, qui avait causé près de 2 300 morts sur 3 500 cas. Face à l’urgence, les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux doivent redoubler d’efforts pour éviter une nouvelle catastrophe sanitaire.