La RDC se dote d’un satellite souverain : le pari audacieux de José Mpanda

banière chapiteau copie

Un proverbe luba stipule que « Musuminyina katu wabula », soit « celui qui persévère finit toujours par obtenir ce qu’il veut ». Cette maxime résume à elle seule la détermination de Me José Mpanda Kabangu, ministre des Postes, télécommunications et nouvelles technologies numériques. Depuis son entrée en fonction en 2019, il n’a de cesse de poursuivre un objectif phare : offrir à la République démocratique du Congo (RDC) son propre satellite souverain.

Vendredi 5 juin dernier, le ministre a franchi une étape décisive en recevant à Kinshasa une délégation chinoise composée de représentants de China Unicom et Genew Technologies. L’enjeu ? Finaliser les discussions entamées lors de sa mission officielle en Chine au mois d’avril, autour de deux projets structurants : l’acquisition du satellite souverain et le déploiement à grande échelle de la fibre optique sur l’ensemble du territoire national.

Une délégation chinoise sur place pour concrétiser les ambitions congolaises

Cette rencontre de haut niveau a réuni des acteurs clés du secteur technologique congolais, dont des experts du Secrétariat général des PTNTIC, de l’Autorité de régulation de la poste et télécommunications du Congo (ARPTC), de la Société congolaise de la fibre (SOCOF), du Réseau national de télécommunications par satellite (RENATELSAT) et du Centre national de télédétection (CNT). Des conseillers principaux de la Présidence de la République et de la Primature, spécialisés dans les PTNTIC, étaient également présents pour appuyer le processus.

José Mpanda a souligné que cette visite s’inscrivait dans une logique de coopération technique et financière avec la Chine, tout en précisant que les discussions techniques devaient être menées par des spécialistes. C’est pourquoi les experts chinois séjourneront à Kinshasa jusqu’au 19 juin pour échanger avec leurs homologues congolais sur les détails des deux projets.

josé mpanda et les chinois

Trois axes majeurs pour concrétiser le projet du satellite souverain

Les échanges, lancés le lundi 8 juin, visent trois objectifs principaux :

  • Structuration technique et financière : valider l’architecture technique des deux projets, estimer les coûts et définir les modalités de financement en collaboration avec les ministères du Plan et des Finances.
  • Concertation et alignement institutionnel : présenter officiellement les solutions proposées par les firmes chinoises aux parties prenantes, dont le RENATELSAT, la SOCOF, le CNT, l’ARPTC, ainsi que les ministères concernés.
  • Préparation de la due diligence en Chine : établir le calendrier, identifier les experts congolais impliqués, les sites à visiter et les livrables à produire avant le départ.

José Mpanda attend quatre résultats concrets de ces discussions : des solutions techniques validées, une approche de financement arrêtée, un alignement total des parties prenantes et une mission de due diligence planifiée.

Un projet porté par une mobilisation nationale

Plusieurs institutions congolaises sont mobilisées pour ce projet d’envergure. Outre la Présidence de la République et la Primature, les ministères des Postes et télécommunications, du Plan, des Finances, des Infrastructures, des Mines et le Conseil national de cyberdéfense (CNC) y participent activement. Les entités techniques comme le Secrétariat général des PTNTIC, l’ARPTC, le Fonds de développement du service universel (FDSU), la SOCOF, la SCPT, le RENATELSAT et le CNT jouent un rôle central dans la mise en œuvre.

Ce projet s’inscrit dans une vision plus large de réduction de la fracture numérique en RDC, en améliorant la connectivité dans les 145 territoires du pays. Une avancée technologique majeure qui positionnerait la RDC parmi les nations africaines les plus dynamiques en matière d’innovation spatiale.

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