Un membre influent de Pastef/Patriotes dément formellement les allégations de Sonko
Sur sa page Facebook, Aldiouma Sow, figure majeure du Bureau politique national (BPN) de Pastef les Patriotes, a publié une tribune pour clarifier la position de son parti face à la crise qui divise actuellement le Sénégal. Ce texte intervient alors que Bassirou Diomaye Faye, président de la République, maintient un dialogue politique actif, malgré les tensions croissantes avec son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko. Pour Sow, cette démarche n’est pas une manœuvre opportuniste, mais une conviction ancrée depuis longtemps.
Il insiste sur le fait que Diomaye Faye a toujours privilégié le dialogue comme fondement de son action politique, notamment depuis son appel en mai 2025 en faveur d’un dialogue national. « Chez lui, le dialogue n’est pas une stratégie de circonstance, mais un engagement profond », souligne-t-il, rappelant que le chef de l’État a consacré de longs moments à ces échanges, alors qu’aucune contrainte constitutionnelle, éthique ou morale ne l’y obligeait.
Démenti catégorique sur les allégations de pacte secret
Le responsable de Pastef balaie d’un revers de main les rumeurs persistantes concernant un prétendu pacte conclu à la prison du Cap Manuel avant la libération de Diomaye Faye. « Le candidat Bassirou Diomaye Faye n’a jamais signé de pacte secret dans cette prison », déclare-t-il avec fermeté, renvoyant dos à dos les accusations portées par Sonko, qui affirme l’existence d’un tel accord entre eux. À l’inverse, Aldiouma Sow laisse entendre que c’est bien dans ce contexte carcéral que certains candidats auraient prêté serment, « la main sur le Coran », pour promettre de remettre le pouvoir à Sonko en cas d’élection à la présidence.
Critique acerbe contre une dérive « messianique » au sein de Pastef
Le membre du BPN profite de cette tribune pour dénoncer une tendance qu’il qualifie de « messianisme destructeur », qu’il accuse de fragiliser le parti depuis 2022. Il évoque notamment les investitures controversées pour les législatives de cette année-là, où des cadres historiques de Pastef auraient été écartés au profit de nouveaux alliés, ainsi que les élections locales de la même période. « Ce schéma sera reproduit lors des prochaines législatives et locales, et cela signifiera la fin politique de la base militante de Pastef », met-il en garde, appelant les coordonnateurs du parti à rejeter ce « diktat messianique ».
Un message d’encouragement aux ministres et aux indécis
À l’égard des ministres ayant choisi de rester dans le gouvernement malgré les pressions partisanes, Aldiouma Sow adopte un ton solennel : « Soyez fiers de votre choix. On pourra vous exclure des groupes de discussion en ligne ou des instances du parti, mais personne ne pourra nier votre contribution au projet patriotique. »
Enfin, il s’adresse aux membres encore hésitants, les exhortant à rompre avec cette dynamique sonkiste avant qu’il ne soit trop tard : « À ceux qui seraient encore tentés par ce messianisme destructeur, sachez qu’il n’est pas trop tard pour changer d’avis. »