Le gouvernement sénégalais a annoncé, le lundi 20 juillet, un revirement historique en décidant de soutenir la candidature de son ancien président, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette décision intervient trois jours après une rencontre entre l’ex-chef d’État et le président en exercice, Bassirou Diomaye Faye, marquant un tournant dans la position initialement affichée par Dakar.
Jusqu’à présent, le Sénégal n’avait pas soutenu la candidature de Macky Sall, bien que celle-ci ait été présentée par le Burundi, actuel président tournant de l’Union africaine (UA). En effet, fin mars 2026, une vingtaine d’États membres de l’UA, dont le Sénégal, avaient refusé d’appuyer cette candidature pour succéder à Antonio Guterres au secrétariat général de l’ONU.
L’ex-chef d’État, qui a dirigé le pays de 2012 à 2024, fait l’objet d’accusations de la part des autorités actuelles. Celles-ci lui reprochent notamment d’avoir ordonné une répression violente contre les manifestations de l’opposition entre 2021 et 2024, entraînant la mort de plusieurs dizaines de personnes. Ces événements ont marqué une période de tensions politiques dans le pays.
Une décision stratégique pour le multilatéralisme africain
Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement acté ce changement de position par un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Le texte précise que le Sénégal apportera un soutien total à la candidature de Macky Sall, qu’il présente désormais comme « une candidature au service de l’Afrique et d’un multilatéralisme plus performant ».
Le gouvernement sénégalais a par ailleurs ordonné à l’ensemble de son réseau diplomatique de se mobiliser activement pour promouvoir cette candidature auprès des autres États membres de l’ONU. Une démarche qui souligne l’importance accordée à cette initiative.
Deux ans après son départ de la présidence en avril 2024, Macky Sall est revenu à Dakar, où il a été accueilli par une foule nombreuse. Cette visite a suscité des critiques, notamment de la part de ses détracteurs, qui exigent des éclaircissements sur les violences policières ayant causé des dizaines de morts durant ses mandats.
Le pouvoir actuel lui reproche également d’avoir dissimulé une partie de la dette publique, aggravant ainsi les difficultés économiques du pays. Malgré ces controverses, Dakar a choisi de soutenir sa candidature, marquant un revirement notable dans sa position initiale.