Sénégal : le Conseil constitutionnel se déclare incompétent sur le recours contre la réintégration de Sonko

Sénégal. Le Conseil constitutionnel se déclare incompétent sur le recours contre la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale

Le Conseil constitutionnel sénégalais a jugé mercredi 17 juin qu’il n’avait pas compétence pour examiner un recours déposé par l’opposition concernant la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale et son élection ultérieure à la présidence de cette institution. Cette décision met un terme à la procédure engagée par les opposants, qui contestaient la régularité de ce retour et de cette élection, les estimant contraires au règlement parlementaire.

Quelques jours après avoir été démis de ses fonctions de Premier ministre, Ousmane Sonko, leader charismatique du parti Pastef, disposant d’une large majorité au Parlement, a été réintégré à l’Assemblée avant d’être élu au perchoir.

Aucun recours pour l’opposition

Son élection avait été contestée par l’opposition, qui estimait que sa réintégration dans l’hémicycle violait le règlement intérieur et dénonçait un « coup d’État institutionnel ».

Désormais, aucun autre recours n’est possible pour l’opposition. Empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2024, Ousmane Sonko est devenu Premier ministre en avril 2024 après la victoire de son bras droit, Bassirou Diomaye Faye, à la présidence de la République.

En tant que tête de liste du Pastef, l’ancien Premier ministre a remporté 130 sièges de députés sur 165 lors des élections législatives de novembre 2024, mais il avait renoncé à son mandat parlementaire pour rester chef du gouvernement.

« Nous n’allons pas nous associer à cette mascarade »

L’opposition estime que pour redevenir député, M. Sonko aurait dû d’abord démissionner de ses fonctions de Premier ministre afin de siéger ne serait-ce que temporairement à l’Assemblée avant de retourner au gouvernement. La majorité parlementaire a « installé quelqu’un, Ousmane Sonko, qui a déjà perdu son mandat de député et ne peut le retrouver.

Nous n’allons pas nous associer à cette mascarade », avait déclaré fin avril le député d’opposition Abdou Mbow. Mais après la décision du Conseil constitutionnel, le leader du Pastef se maintient donc à la tête de l’Assemblée nationale, d’où il pourrait exercer un contre-pouvoir face au président Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié avec qui la rupture est consommée.